Comme chaque année à cette période, les fortes pluies entraînent une baisse significative de l’offre de poisson sur le marché local, provoquant ainsi une hausse des prix. Ce mardi 4 août 2026, la rédaction d’avenirguinee.org s’est rendue au débarcadère de Bonfi pour mesurer l’impact de la saison pluvieuse sur le commerce des produits halieutiques.
Assise derrière son étal, Yassine Bangoura, présidente des marayeuses de Bonfi, explique les difficultés quotidiennes auxquelles les femmes font face durant cette période hivernale : « Ici, c’est la pêche artisanale et le poisson n’a pas de prix fixés. Quand la mer est généreuse, le coût du poisson baisse ; mais quand elle ne l’est pas, la quantité est moyenne et le coût devient carrément élevé. Les pêcheurs sont livrés à eux-mêmes pendant la tempête, et cela nous impacte fortement. Il faut donc que l’État revoit cet aspect », a-t-elle laissé entendre.
Un constat également déploré par Tata Camara, également vendeuse au débarcadère de Bonfi, qui dénonce l’explosion des tarifs liée aux intempéries en mer : « La saison pluvieuse n’est pas comme la saison sèche. C’est en saison sèche que les pêcheurs travaillent bien, sans problème. Mais pendant la saison pluvieuse, ils sont confrontés aux violentes vagues sur la mer. Donc, pour le peu de poissons qu’ils réussissent à ramener, les prix explosent », confie-t-elle.
Elle détaille ensuite la réalité économique du marché : « Les poissons, nous les achetons par bascule à 30 000 FG le kilo, et nous les revendons à 32 000 FG pour espérer avoir 2 000 FG de bénéfice. Mais parfois, les clients discutent tellement le prix qu’on ne gagne que 1 000 FG dessus. »
Au-delà de l’enjeu financier, les conditions de sécurité et de santé des acteurs du secteur demeurent particulièrement précarisées.
Kandet Camara pointe du doigt l’absence d’équipements de protection individuelle et l’inexistence d’un centre de santé d’urgence sur le site : « Si je disais que nous ne pêchons pas, je mentirais. Mais nous le faisons avec beaucoup de difficultés. Les gilets de sauvetage nous manquent. Certaines barques sortent pour pêcher mais rentrent le lendemain bredouilles, parce qu’ils n’ont pas de gilets pour travailler et que la mer n’a pas été généreuse », regrette-t-il.
Il insiste également sur l’urgence sanitaire au sein du débarcadère : « Parfois, les pêcheurs rentrent malades de la mer et il n’y a aucun centre de santé ici pour les urgences. Il faut les transporter jusqu’à Matam, et c’est parfois très difficile. Nous demandons à l’État de nous venir en aide afin que nous puissions avoir un centre de santé sur place. »
Il convient de rappeler que les mois de juillet et août correspondent à la période de reproduction des espèces marines, un facteur naturel qui accentue la raréfaction de la ressource halieutique sur les côtes guinéennes.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



