À l’arrêt depuis près d’un an, l’unique train de banlieue Conakry Express s’apprête à reprendre du service. Ce blocage prolongé a lourdement impacté le quotidien et le portefeuille des usagers de la capitale.
Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction 23 juin 2026, la Directrice Générale de la Société Nationale des Chemins de Fer de Guinée (SNCFG), Mme Rose Kasso Tinguiano, a annoncé le redémarrage imminent du train. Cependant, elle a insisté sur l’urgence de sécuriser et de nettoyer les voies en cette période de grandes pluies.
Le cumul des déchets le long de la voie ferrée, de Kagbelen jusqu’à Kaloum, représente un défi majeur pour la sécurité ferroviaire, particulièrement à cause de la proximité des cours d’eau et des occupations anarchiques. Face à ce constat, la SNCFG change de stratégie en s’associant à un partenaire spécialisé de l’État.
« Des dispositions sont prises pour reprendre. Nous sommes en train d’envisager des solutions. (…) Cette fois-ci, nous sommes avec une structure de l’État, qui est habilitée et qui s’y connaît mieux dans le traitement des ordures. (…) Nous avons déjà établi un planning, nous avons déjà élaboré certains documents de base », a indiqué la Directrice Générale.
Mme Rose Kasso Tinguiano a rappelé la gravité de la situation en évoquant un incident récent : « la circulation, quand il a plu seulement, il y a un train qui fut empêché même de continuer son parcours parce que les ordures avaient inondé la voie. Chose qui n’est pas du tout normale pour la sécurité. » Elle prévient : « on ne souhaite pas leur déraillement, sinon c’est des conséquences très graves. »
Le commerce aux abords immédiats des rails reste une préoccupation sécuritaire majeure. La patronne de la SNCFG invite les femmes à libérer immédiatement ces zones à haut risque.
« Le conseil que j’ai à donner, c’est sincèrement de libérer ces emprises. Je ne vois pas quel est le besoin qui puisse nous amener à risquer notre vie. (…) Ces emprises ne sont pas faites pour être occupées. (…) C’est un périmètre qui puisse limiter le risque, qui puisse limiter le dommage. Donc, vous ne pouvez pas venir vous installer dans ce périmètre. C’est vraiment, c’est-à-dire, vous-même voir le danger et s’y approcher », a-t-elle martelé.
Elle rappelle par ailleurs qu’au-delà de Conakry Express, les rails sont empruntés par des trains miniers qui effectuent des trajets directs, rendant ces lieux inappropriés pour le petit commerce : « C’est un danger très, très, très, très imminent, c’est un danger très grave. C’est vraiment un risque énorme, courir un risque énorme. »
Pour clore son intervention, la Directrice Générale a déploré les actes de vandalisme, notamment les jets de pierres perpétrés par des jeunes installés près des emprises ferroviaires pour jouer au football.
Mme Rose Kasso Tinguiano en appelle au civisme des populations : « qu’ils prennent ce train-là comme une parure, qu’ils prennent ce train-là comme quelque chose qui appartient à chacun, quelque chose qui appartient au commun et qui est utile à chacun. » Elle conclut en insistant sur le fait que l’État déploie ces efforts d’abord pour le bien-être des citoyens : « Je compte sur leur sens de civisme et de responsabilité pour pouvoir respecter cet engin et respecter cette volonté de l’État qui les assiste dans leur mobilité. Ils sont la priorité de ce gouvernement. »
Ibrahima Sory Camara pour Avenirguinee.org



