Dans la nuit du dimanche 3 mai 2026, la sous-préfecture de Lainé, dans la préfecture de Lola, a été le théâtre d’une violente agression contre deux parcs à bétail. Des individus non identifiés ont abattu plusieurs veaux et incendié des installations, relançant les tensions liées aux conflits pastoraux dans la région.
L’attaque, d’une rare violence, s’est produite aux alentours de 4 heures du matin. Les assaillants ont pris pour cible deux enclos distincts, n’hésitant pas à s’en prendre physiquement aux gardiens avant de s’attaquer au cheptel.
Pour Aly Badra Camara, l’un des éleveurs touchés, le réveil a été brutal. Absent au moment des faits, il n’a pu que constater l’ampleur du désastre à son arrivée.
« On m’a informé que des gens avaient frappé les bouviers et incendié le parc. À mon arrivée, j’ai constaté que mes animaux avaient été tués. Huit de mes veaux ont été abattus », déplore-t-il, précisant que ses bêtes n’avaient pourtant causé aucun dégât préalable dans le voisinage.
Même constat d’impuissance chez Djiba Sangaré, la seconde victime, qui affirme que ses veaux ont été intégralement décimés. Cet éleveur souligne le caractère prémédité de l’acte, ayant déjà fait l’objet de menaces d’expulsion malgré une occupation légale du domaine. « C’est une catastrophe pour nous », confie-t-il avec émotion à nos confrères de Guineematin.
L’incompréhension domine chez les victimes, qui soulignent que leurs bêtes étaient maintenues dans des enclos sécurisés, empêchant toute divagation ou destruction de cultures. Face à cette « expédition punitive », ils lancent un appel pressant aux autorités pour que les auteurs soient identifiés et que la sécurité des éleveurs soit enfin garantie.
Cet incident n’est malheureusement pas un cas isolé dans la préfecture de Lola, zone fréquemment secouée par des heurts entre agriculteurs et éleveurs. Cette situation de crise persistante avait pourtant motivé une tournée de réconciliation effectuée il y a quelques mois par le ministre de l’Élevage, Félix Lamah.
Malgré les tentatives de médiation du gouvernement pour trouver une solution durable, l’attaque de ce dimanche prouve que le climat reste extrêmement inflammable dans le sud de la Guinée. Une enquête est désormais attendue pour faire la lumière sur ce drame qui fragilise une nouvelle fois la paix sociale dans la localité.
Fodé Camara pour avenirguinee.org



