Tribune : Depuis quelques jours, une vague d’indignation balaie les réseaux sociaux et l’opinion publique : le Dr Morissanda Kouyaté, Ministre des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine et des Guinéens de l’Étranger, se retrouve au cœur d’une vindicte populaire virulente. Le grief ? Un accord sur le rapatriement des Guinéens en situation irrégulière. Pourtant, à l’épreuve des faits, cette colère se trompe de cible.
1. Un accord hérité, pas initié
Il est impératif de rétablir une vérité historique : cet accord n’est pas le fruit de l’actuelle diplomatie du CNRD. Il s’agit d’un « vieux dossier », un engagement pris bien avant l’arrivée du Dr Morissanda à la tête de la diplomatie guinéenne. Accuser le ministre actuel d’avoir bradé la dignité de nos compatriotes, c’est ignorer la continuité de l’État. Morissanda Kouyaté ne fait que gérer, avec la rigueur qu’on lui connaît, les passifs diplomatiques qu’il a trouvés sur sa table.
2. La diplomatie n’est pas une émotion, c’est une responsabilité
Gouverner, c’est assumer. Là où d’autres auraient pu pratiquer la politique de l’autruche, le Ministre Morissanda choisit la transparence et la responsabilité. La gestion des sans-papiers est un sujet complexe qui nécessite de traiter avec des partenaires internationaux exigeants. Subir la vindicte populaire pour avoir voulu encadrer et sécuriser le retour de nos frères plutôt que de les laisser subir des expulsions sauvages et inhumaines est une injustice flagrante.
3. Protéger l’image de la Guinée
Le Dr Morissanda a prouvé, à maintes reprises, sa fermeté face aux puissances étrangères quand l’honneur de la Guinée était en jeu. Pourquoi braderait-il aujourd’hui ce qu’il a défendu hier ? Ce qu’on lui reproche aujourd’hui n’est pas une trahison, mais une gestion pragmatique d’une situation migratoire mondiale qui dépasse nos frontières.
La critique est aisée, mais l’art de la diplomatie est difficile. Avant de jeter l’opprobre sur un homme qui dédie ses journées à faire rayonner la Guinée à l’international, rappelons-nous que le patriotisme consiste aussi à comprendre les contraintes de son pays. Le Ministre Morissanda n’est pas l’architecte de cet accord, il en est le gestionnaire courageux.
Par Ousmane 2 Camara



