Dans la commune urbaine de Boké, plus de 400 enseignants contractuels communaux attendent encore leur intégration à la fonction publique, malgré avoir rempli toutes les conditions exigées. Ces enseignants affirment avoir participé à plusieurs évaluations organisées par le ministère de la Fonction publique, sans aboutir à un résultat positif.
En septembre dernier, ils ont exprimé leur colère et leur déception à travers un sit-in qui a rassemblé des contractuels venus de toutes les régions du pays devant la Bourse du Travail de Conakry. Selon Sékou Diallo, porte-parole des enseignants contractuels communaux de Boké, cette manifestation n’a donné lieu à aucune réponse concrète de la part des autorités.
« Nous avons organisé un sit-in le mois dernier, avec une forte mobilisation des contractuels de tout le pays. Nous avions espéré que la rentrée scolaire se ferait avec des dispositions déjà prises à notre égard. Mais malheureusement, rien n’a été fait. C’est pourquoi nous envisageons de nous mobiliser de nouveau le 13 octobre prochain à Conakry pour réclamer notre droit », a-t-il déclaré.
Toujours en attente d’une issue, plusieurs d’entre eux sont désormais au chômage, et certains sont malheureusement décédés. Profondément déçus, ces enseignants dénoncent ce qu’ils considèrent comme une injustice et un manque de volonté politique.
« Nous vivons une situation très difficile. Beaucoup d’entre nous sont décédés suite à des AVC. Certaines enseignantes ont même perdu leur foyer à cause de cette précarité »,* a confié Sékou Diallo.
Face à ce qu’ils qualifient d’indifférence de l’État, ces enseignants annoncent une décision ferme : abandonner les salles de classe jusqu’à nouvel ordre, en guise de protestation.
Pour rappel, le 15 août 2024, après avoir franchi toutes les étapes (enrôlement, authentification des diplômes, biométrisation et validation de l’expérience en classe), leur demande d’intégration à la fonction publique a été rejetée, sans explication claire.
Depuis Boké, Fatoumata Baïlaou Bah pour avenirguinee.org



