Le ton est monté d’un cran ce mercredi 4 novembre 2026 dans la commune de Matam. Les femmes fumeuses de poisson du port de Bonfi ont investi massivement la rue pour exprimer publiquement leur vive colère et dénoncer ce qu’elles qualifient de tentative d’appropriation illégale de leur espace de travail.
Selon les informations recueillies sur place, la tension découle des agissements répétitions d’un individu se réclamant de la famille de l’ancien ministre Alphonse Charles Wright. Ce dernier tenterait de s’approprier le centre de fumage et se rendrait régulièrement sur le site pour proférer des menaces et exiger l’évacuation des occupantes.
Ce domaine abritant le centre de fumage possède pourtant une dimension historique : il avait été formellement offert à la communauté des fumeuses de poisson par le feu président Ahmed Sékou Touré afin de pérenniser leurs activités économiques vitales.
Face à cette menace directe sur leur gagne-pain, la mobilisation s’est voulue massive. À travers cette démonstration de force, les manifestantes ont lancé un appel pressant au président de la République, le Général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, afin qu’il intervienne promptement pour contraindre l’usurpateur présumé à renoncer définitivement à toute prétention sur ce site public.
Interrogée sur la genèse du conflit, Damayé Camara, présidente et porte-parole des femmes fumeuses de poisson de Bonfi, est revenue sur l’importance du centre et les origines du différend : « Ici, c’est le premier centre de fumage depuis 1980 et l’unique entre Conakry et Coyah. Ce problème a commencé sous le régime d’Alpha Condé. Ce monsieur, appelé Koma Wright, qui se dit membre de la famille de Charles Wright, venait ici pour réclamer l’appartenance de ces lieux. Il se dit le cousin de Charles Wright, et il nous a cherchées ces deux derniers jours en se tapant la poitrine, affirmant que c’est leur moment et qu’ils vont reprendre tout ce qui leur revient de droit. Nous lui avons rappelé qu’ici c’est une exception, parce que c’est le président Ahmed Sékou Touré qui avait offert cet endroit aux femmes afin d’exercer légalement leurs activités. Donc, aujourd’hui, nous avons manifesté non seulement pour lui lancer un avertissement, mais aussi pour attirer l’attention du président Mamadi Doumbouya sur cette affaire. S’il continue de nous menacer, il nous verra sur son chemin. Parce qu’on ne quittera jamais ici, jamais, à moins qu’il ne vienne nous tuer toutes. C’est pourquoi nous lui demandons de nous laisser tranquilles, sinon il verra de quoi nous sommes capables. »
S’exprimant au nom de l’ensemble de la communauté du centre de Bonfi, la porte-parole a réitéré son appel aux plus hautes autorités du pays : « Aujourd’hui, nous nous adressons au président Mamadi Doumbouya afin qu’il nous vienne en aide pour régler ce différend avec ce monsieur, Komara Wright, qui se prétend cousin de Charles Wright. Qu’il arrête de nous menacer, sinon la prochaine fois qu’il viendra ici, il nous trouvera sur son chemin. »
La situation demeure sous tension sur le site, dans l’attente d’une réaction officielle des autorités compétentes.





