Ce lundi 2 novembre 2026, à l’Assemblée nationale, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yassine Diallo, a été auditionné par les députés membres de la commission chargée de la communication. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la présentation et de la défense du budget de son institution.
À l’issue d’une concertation à huis clos avec les parlementaires, le président de la HAC s’est exprimé au micro de notre rédaction. Selon lui, il est tout à fait normal que toute institution bénéficiant de fonds publics soit tenue de justifier ses dépenses.
« C’est d’usage républicain que ceux qui bénéficient des subventions et des budgets de l’État viennent les défendre devant les commissions spécialisées. Nous avons expliqué les grandes lignes de notre budget », a-t-il déclaré.
Abondant dans le même sens, il a précisé que la HAC ne dispose d’aucune source de revenus propres, rappelant que la seule qui existait a été rendue gratuite dès son arrivée à la tête de l’instance de régulation.
« Je voudrais rappeler que la HAC ne fait pas de recettes. Donc la HAC n’a pas un volet recettes, elle n’a qu’un volet dépenses. D’ailleurs, la seule recette que la HAC recevait avant notre arrivée était le prix de la carte de presse que vous payiez, et nous l’avons rendue gratuite. Donc, nous recevons zéro franc comme recette. Par contre, l’État nous accorde une subvention que nous décaissons trimestriellement », a-t-il souligné.
Concernant le budget de l’institution, l’ancien journaliste estime que les ressources actuellement allouées à la HAC sont suffisantes. Toutefois, plusieurs plaidoyers ont été formulés en faveur de la régularisation du personnel contractuel afin qu’il puisse décemment vivre de son travail.
« Pour le budget rectificatif, nous n’avons rien sollicité : ce que nous avons nous suffit. Nous avons donc attiré leur attention sur la loi de finances à venir pour 2027, car nous avons des chantiers. Le premier, c’est la modernisation de notre système de monitoring. Nous sommes en retard par rapport aux pays voisins. Ensuite, à la HAC, notre personnel n’est constitué que de contractuels temporaires. Nous espérons que la commission prendra des dispositions pour que notre personnel soit recruté de manière régulière — c’est un mérite que j’ai trouvé pour qu’ils puissent vivre de leur labeur et que nos superviseurs ainsi que nos points focaux à l’intérieur du pays soient des agents à part entière de la HAC. Et la dernière chose sollicitée concerne le volet formation des journalistes aux nouvelles technologies. La nouvelle Constitution a élargi les attributions de l’instance de régulation en y ajoutant la régulation du numérique, du cinéma et de la publicité. Il faut donc un complément de budget pour prendre en charge la régulation du numérique », a-t-il détaillé.
Pour sa part, Ousmane Dady Camara, président de la commission Communication, s’est réjoui de la qualité des échanges avec le responsable de la HAC, avant de revenir sur les principaux points abordés.
« Nous avons été très ravis de recevoir aujourd’hui la Haute Autorité de la Communication. Le président de l’institution nous a donné beaucoup de détails sur la situation interne de la HAC, des travailleurs, le fonctionnement, les besoins et les urgences. Nous sommes sur le volet dépenses et, étant une institution qui ne fait pas de recettes, nous avons beaucoup évolué sur les subventions. Il a touché le cas des journalistes, de la presse en ligne, des médias web, et nous en avons discuté », a-t-il indiqué.
Abordant la suite du processus budgétaire, il a précisé que les requêtes formulées seront transmises aux instances de l’Assemblée nationale pour examen.
« Le plaidoyer concerne surtout la représentation nationale qu’est l’Assemblée. En tant que députés, nous allons partager cela en inter-commission et à la Conférence des présidents pour que ce soit pris en compte. L’objectif est de tenir compte de la situation des employés contractuels à leur niveau, afin de voir comment développer et stabiliser leurs conditions de travail », a-t-il conclu.



