La Fédération syndicale autonome des banques, assurances et microfinances de Guinée (FESABAG) traverse une période de fortes tensions. Les délégations syndicales de Vista Gui, Access Bank Guinée, AFG Bank Guinée, BPMG et AMIFA Microfinance ont décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, leur collaboration institutionnelle avec les instances dirigeantes actuelles de la Fédération.
Cette décision a été officialisée dans une lettre conjointe adressée à la direction de la FESABAG, intitulée »Notification de suspension de la collaboration institutionnelle avec l’instance dirigeante actuelle de la FESABAG ».
Un dialogue rompu malgré plusieurs relances
Pour les Secrétaires Généraux des cinq structures signataires, ce débrayage institutionnel ne relève pas d’une simple humeur, mais sanctionne l’échec de nombreuses démarches visant à instaurer un dialogue constructif sur le fonctionnement et l’avenir de leur organisation.
Avant de prendre cette mesure radicale, les délégations précisent avoir adressé plusieurs correspondances à la direction : Une première lettre en date du 19 février 2026
référencée SG/CSB/INIT/001/2026 ; Un courrier de relance daté du 17 septembre 2026 référencé CRF/004/2026.
Dans cette dernière correspondance, les signataires sollicitaient formellement une rencontre en présentiel afin de faire un état des lieux de la situation, d’analyser les difficultés de la Fédération et de proposer des pistes de solutions. À ce jour, cette demande est restée sans réponse. Les délégations déplorent ce silence, estimant qu’un échange direct aurait permis de traiter les différends dans un esprit de responsabilité et de recherche d’apaisement.
Au cœur du grief de ces cinq délégations syndicales figurent plusieurs exigences majeures notamment: le respect strict des statuts et du règlement intérieur ; La transparence dans la gestion financière et administrative ; Une meilleure circulation de l’information intersyndicale ; L’implication effective des représentants à la base dans les décisions stratégiques ; La formation et l’accompagnement renforcé des élus locaux et des délégations pour l’exercice de leurs mandats.
« Une organisation syndicale ne peut être forte durablement que si ses règles sont respectées, si ses responsables peuvent échanger librement et si les préoccupations du terrain sont réellement prises en compte », rappellent les signataires.
La suspension n’est pas une désaffiliation
Les protestataires insistent sur la portée de leur démarche. Selon eux, il ne s’agit pas d’une démission ni d’une scission. « La décision annoncée porte uniquement sur la suspension de notre collaboration institutionnelle avec les instances dirigeantes actuelles, jusqu’à nouvel ordre. Elle ne constitue pas, à elle seule, une annonce de désaffiliation de la Fédération », ont-ils précisé.
L’objectif affiché reste la préservation de l’intérêt général des travailleurs et la défense d’un modèle syndical plus participatif et conforme aux textes fondateurs.
Cette prise de position pose une question majeure pour le secteur financier guinéen : comment la FESABAG peut-elle restaurer la confiance entre ses différentes composantes pour poursuivre sa mission de défense des travailleurs ?
Alors que les signataires restent convaincus du bien-fondé de leur action, l’avenir de la Fédération dépendra désormais de la capacité de l’actuelle instance dirigeante à prêter une oreille attentive à ces revendications et à poser les jalons d’un dialogue sincère. Car au-delà des querelles d’instances, la FESABAG demeure, selon eux, un patrimoine syndical commun dont la crédibilité est essentielle à l’ensemble du monde du travail.
Ci-dessous le courrier des cinq délégations syndicales







