Dans un décret lu à la télévision nationale ce lundi 19 octobre 2026, le président guinéen, le général Mamadi Doumbouya, a acté la création d’une nouvelle structure étatique dotée d’un capital social de 100 milliards de francs guinéens, entièrement souscrit par l’État : la Société Nationale du Tabac (SNT).
Dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière, cette société a pour mission principale d’exercer le monopole de l’État sur l’ensemble de la chaîne de valeur du tabac : contrôle des cultures, achats auprès des producteurs, transformation industrielle, ainsi que régulation de l’importation et de l’exportation des produits finis. Placée sous une direction générale, elle sera supervisée par un conseil d’administration de neuf membres représentant la Présidence, divers départements ministériels (Commerce, Finances, Agriculture, Santé), les producteurs et des experts du secteur.
Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction ce mardi 20 octobre 2026, Ibrahima Sory Cissé, directeur de la communication et des relations publiques à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et président de l’ONG Génération Sans Tabac Guinée, a exprimé son optimisme et son total soutien face à cette initiative présidentielle. Selon lui, il s’agit d’une vision axée sur la santé publique, le développement économique et la lutte contre la fraude.
« Le président de la République, en tant que premier responsable du pays, fait de la promotion de la santé une priorité à travers la construction de centres de santé, d’hôpitaux et de structures de diagnostic. La création de la Société Nationale du Tabac s’inscrit dans cette dynamique. Certes, le tabac nuit gravement à la santé, mais cette structure permettra également d’accroître les recettes de l’État, de recruter des Guinéens pour réduire le taux de chômage et d’encadrer l’import-export. Les 100 milliards ne sont qu’une infime partie si la société est bien gérée. Au-delà du montant, c’est le fond et la vision qu’il faut saluer : relancer la culture locale du tabac dans les zones propices du pays tout en luttant rigoureusement contre la contrebande, la fraude et l’évasion fiscale, conformément à la convention-cadre de l’OMS ratifiée par la Guinée en 2007. »
Il a également insisté sur l’impact de la régulation des prix et de la fiscalité : « Le secteur du tabac sera réglementé par l’augmentation des taxes sur les produits importés. Si la taxation passe de 1 ou 2 % à des seuils de 15 à 20 %, le prix de la cigarette augmentera mécaniquement, ce qui réduira le nombre de consommateurs et protégera la santé publique. En tant qu’acteur engagé depuis l’an 2000 à travers notre ONG, je tends la main au gouvernement pour accompagner cette démarche salvatrice. »
Abordant les aspects opérationnels de cette structure, notre interlocuteur a précisé que la SNT ne se limitera pas à la production industrielle : « Cette société va mettre en place des mécanismes stricts pour régulariser la commercialisation et enrayer la prolifération de la contrebande et des marques de cigarettes illicites en République de Guinée. Aujourd’hui, notre pays est l’un des rares à tolérer l’anarchie sur ce plan, faute de suivi réglementaire. Avec une telle structure et la mobilisation conjointe des forces de sécurité (police, gendarmerie, armée et marine), ceux qui violent la loi s’exposeront à des sanctions économiques sévères. Le plus dur pour un fraudeur, ce n’est pas l’emprisonnement, mais le redressement économique à travers de lourdes amendes fiscales. »
Il a conclu par un vibrant appel à l’endroit de ses concitoyens : « Pour bien travailler pour sa nation, il ne faut jamais reculer, il faut s’impliquer. Le président Mamadi Doumbouya est une chance pour la Guinée. En tant que citoyens, accompagnons notre chef de l’État et son gouvernement dans cette politique de développement socio-économique pour voir notre pays avancer à l’instar des grandes nations. »
Par Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



