La protection de la biodiversité marine au-delà des frontières nationales était au cœur des échanges ce mardi 29 septembre à Conakry. Dans un réceptif hôtelier de la capitale, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), en collaboration avec ses partenaires, a réuni des parlementaires guinéens autour d’un atelier d’information et de sensibilisation consacré au traité BBNJ, prévu ces 29 et 30 septembre.
Cette rencontre vise à renforcer la compréhension des parlementaires sur les enjeux liés à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales, ainsi que sur les aspects scientifiques, juridiques et économiques liés à cet accord international, en prélude à son éventuelle ratification par la Guinée.
À l’issue de la cérémonie d’ouverture, Richard Labilé Sagnho, représentant de l’UICN, a souligné l’importance de l’implication des parlementaires dans le processus de ratification de cet accord international.
Dans son intervention, il a rappelé que le traité BBNJ repose sur quatre principaux volets, qui constituent les piliers de cet instrument destiné à renforcer la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales : « Les ressources génétiques marines et le partage des avantages, les outils de gestion par zone, les évaluations d’impact environnemental ainsi que le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines. La ratification de cet accord nécessite une compréhension approfondie de ses mécanismes, de ses obligations et des opportunités qu’il offre à la Guinée. Cela met en lumière le rôle déterminant de l’Assemblée nationale dans l’adaptation du cadre législatif et des politiques publiques nécessaires à la mise en œuvre des engagements internationaux. Je salue le soutien de l’Union européenne au Programme régional pour les océans durables en Afrique de l’Ouest, qui accompagne les efforts de protection des écosystèmes marins et côtiers. »
Prenant la parole, Xavier Sticker, représentant de l’Union européenne et chef de délégation, a mis en avant l’importance de la participation de la Guinée aux efforts internationaux en faveur d’une meilleure gouvernance des océans.
D’après lui, la Guinée s’est déjà inscrite dans la dynamique ayant conduit à l’adoption du traité BBNJ, notamment à travers son engagement dans le processus international marqué par la Conférence des Nations unies sur les océans, tenue à Nice en juin 2025.
« Je souhaite voir la Guinée prendre part à la première conférence des États parties, prévue en janvier 2027 à New York, afin de participer aux premières décisions relatives à la mise en œuvre de l’accord. Il existe un soutien financier destiné aux pays en développement engagés dans le processus de ratification, avec 40 millions de dollars mobilisés dans le cadre des initiatives d’accompagnement. L’Union européenne est pleinement engagée en faveur de la protection des mangroves, de la gestion durable des pêches et de la préservation des ressources halieutiques en Guinée », a affirmé le représentant européen.
Sékou Samoura, représentant du président de l’Assemblée nationale, a réaffirmé la disponibilité de l’institution parlementaire à accompagner le processus de ratification du traité : « Je salue la mobilisation des députés autour de cette initiative et nous espérons qu’à l’issue de cet atelier, nous allons recevoir la documentation nécessaire pour nous permettre de mieux nous imprégner des dispositions de l’accord avant de nous prononcer sur sa ratification. »
Au nom du Premier ministre, Taïbou Diallo a salué la tenue de cet atelier, qu’elle considère comme une étape importante dans le processus d’appropriation nationale du traité BBNJ :
« Au nom de M. le Premier ministre, je salue cette initiative. Cet accord offre à la Guinée des perspectives majeures en matière de partage équitable des bénéfices issus des ressources génétiques marines, de transfert de technologies et de renforcement des capacités nationales », a affirmé la représentante de la Primature.

Pour sa part, l’ambassadeur du Royaume de Belgique en Guinée, Olivier Quinaux, a souligné l’importance de la coopération internationale dans les efforts visant à assurer la protection et la préservation des océans : « Le traité BBNJ constitue un cadre de coopération essentiel entre les pays du Nord et du Sud, notamment pour le partage des connaissances scientifiques, des données et des ressources. Il est important pour la Guinée de participer aux prochaines étapes de la gouvernance mondiale de la biodiversité marine, afin de défendre les intérêts de ses communautés côtières et de ses pêcheurs », a indiqué le diplomate.
Le ministre de l’Environnement et du Développement durable a, dans son intervention, insisté sur l’importance de la conservation de la biodiversité marine, qu’il a présentée comme un enjeu majeur pour le pays : « Les ressources côtières et maritimes contribuent directement à la sécurité alimentaire, à l’économie nationale et aux moyens de subsistance des populations. Le gouvernement entend faire du processus BBNJ une démarche d’appropriation nationale impliquant les institutions publiques, les parlementaires, les scientifiques et les partenaires techniques et financiers. »
Poursuivant ses propos, il a souligné que la ratification ne constituait pas une fin en soi : « La ratification ne constituerait pas une finalité, mais le point de départ d’un processus nécessitant le renforcement du cadre juridique et institutionnel, des compétences scientifiques et techniques ainsi que de la coopération régionale et internationale. Une visite de terrain est également prévue le 30 septembre afin de permettre aux participants de mieux appréhender les réalités environnementales des espaces côtiers et marins guinéens », a-t-il indiqué.

À travers cet atelier, l’objectif global est d’accompagner la Guinée dans les prochaines étapes vers une éventuelle ratification, en conciliant ses priorités nationales avec ses engagements internationaux.
Sona Sylla pour Avenirguinee.org



