Dans le cadre de la préparation de la rentrée scolaire et de l’évaluation des défis éducatifs de la nouvelle commune de Kagbelen, les députés Mohamed Cissé et Valeri Kemo Doré se sont entretenus ce mardi 29 septembre 2026 avec l’ensemble des acteurs du secteur. Entre manque criant d’infrastructures publiques, soutien au secteur privé et plaidoyer pour le pouvoir d’achat des familles, les échanges ont été riches et sans langue de bois. Il était également question pour le député de recueillir les préoccupations des acteurs du secteur en vue d’y apporter des réponses adaptées. L’événement a connu une forte mobilisation réunissant fondateurs et responsables d’écoles, parents d’élèves ainsi que les autorités communales.

Dans son discours de bienvenue, la Directrice Communale de l’Éducation (DCE), Aïssatou Diallo, a salué cette initiative de proximité : « La démarche qui nous réunit aujourd’hui traduit l’importance de cette rencontre pour l’ensemble de la communauté éducative : anticipation, organisation, coordination et mobilisation de tous les acteurs. La Direction Communale de l’Éducation salue cette démarche d’écoute et de proximité. Notre commune connaît, comme beaucoup d’autres, des défis qui appellent une attention constante et une action concertée. Il est donc important que chacun puisse s’exprimer avec franchise, responsabilité et dans un esprit constructif. »
Abordant les préparatifs de la rentrée des classes, la Directrice a rappelé les enjeux majeurs :« Je voudrais particulièrement encourager les responsables des écoles à présenter de manière claire leurs préoccupations, notamment concernant les conditions d’accueil des élèves, les infrastructures, les ressources humaines, la sécurité et l’hygiène. De son côté, la DCE continuera à jouer pleinement son rôle d’encadrement et de suivi. […] La réussite de la rentrée ne relève pas de la seule responsabilité de l’administration scolaire ; elle repose sur un engagement partagé entre pouvoirs publics, collectivités, enseignants, parents et promoteurs privés. »
Prenant la parole au nom des responsables d’établissements, M. Gbamou s’est également félicité de cette concertation, tout en tirant la sonnette d’alarme sur le manque criant d’infrastructures publiques : « Je salue cette initiative, surtout venant de nos députés. Cela montre un réel changement : hier, les députés restaient au Parlement ; aujourd’hui, nous avons des élus de proximité qui viennent recueillir les réalités du terrain. Kagbelen est l’un des poumons économiques de la Guinée. Constater qu’il y a 310 écoles mais seulement 19 établissements publics, c’est déplorable. Avec la forte démographie scolaire, 19 écoles publiques, c’est très insuffisant. Certains citoyens ne savent même pas qu’il existe des écoles publiques à Kagbelen. Dans le privé comme dans le public, le phénomène de sureffectif est alarmant. Cette situation doit être réglée et nous comptons sur le député pour remonter ces informations à qui de droit. »
À la sortie de la rencontre, l’honorable Mohamed Cissé a réaffirmé le rôle des parlementaires aux côtés des citoyens et détaillé les points clés abordés : « En tant que députés, nous avons décidé d’aller à la rencontre des acteurs sociopolitiques pour recueillir leurs difficultés et transmettre nos messages. Premier constat regrettable : le service communal de l’éducation n’a même pas de local propre et se trouve hébergé par une école privée. Nous avons demandé séance tenante à la commune de trouver rapidement un espace pour loger ce service. »
Concernant le secteur privé et le manque d’infrastructures publiques, l’élu a souligné : « Les écoles privées représentent 94 % des établissements de Kagbelen. Le secteur privé pèse lourdement dans une mission qui relève pourtant du rôle régalien de l’État. Les fondateurs ont soulevé la question des subventions promises par l’État. Dès la reprise, nous allons nous renseigner sur l’avancement de ce dossier pour que les enseignants du privé puissent être pris en charge, notamment pendant les vacances. Sur 310 écoles, 19 seulement appartiennent à l’État : le ministère de l’Éducation doit impérativement agir dans notre nouvelle commune. »
Enfin, le député a fait part de deux doléances majeures adressées aux responsables d’établissements : « Nous avons demandé aux fondateurs de maintenir les tarifs de scolarité au niveau de l’année dernière pour soulager les familles. Bien que l’État doive investir davantage pour nous donner du levier dans ces négociations, nous sommes confiants car ces fondateurs sont avant tout des parents d’élèves. Enfin, notre deuxième doléance concerne l’hygiène : nous exigeons que les latrines soient assainies et que l’accès à l’eau soit garanti dans chaque établissement, en recrutant du personnel dédié à la propreté au quotidien. »
Cette rencontre avec les acteurs éducatifs rallonge ainsi la liste de plusieurs autres que le député a eues avec les différentes couches sociales de la commune de Kagbelen depuis son élection.
Ibrahima Sory Camara, pour Avenirguinee.org



