Après le tragique éboulement du dépotoir de Dar Es Salam en août dernier, l’Agence Nationale de Gestion des Urgences et Catastrophes Humanitaires (ANGUCH) avait relogé les sinistrés dans deux établissements scolaires : l’école publique de Dixinn Centre et celle de Belle Vue Tito. Mais avec l’annonce de la rentrée des classes fixée au 5 octobre prochain, ces familles, toujours non indemnisées, ont reçu l’ordre de quitter les lieux avant ce samedi.
Totalement désemparé après la destruction de sa concession, l’un des sinistrés s’est confié ce mercredi à la rédaction d’Avenirguinee.org : « Depuis l’éboulement, une partie d’entre nous réside dans une école à Dixinn et d’autres sont à l’école privée Belle Vue Tito. C’est hier, aux alentours de 22 heures, que les responsables de l’ANGUCH sont venus nous informer que nous devions libérer les lieux avant samedi. Pourtant, nous n’avons nulle part où aller. J’ai une famille à ma charge. J’avais construit à Dar-Es-Salam une grande maison où nous vivions tous, mais elle a été détruite par les autorités. À ce jour, nous n’avons rien reçu, pas même de quoi payer une caution pour une nouvelle location. Aujourd’hui, pour un simple deux-pièces (chambre-salon), il faut débourser plusieurs millions de francs guinéens en avance. Nous sommes dans une impasse totale. »
Face à cette urgence sanitaire et sociale, il lance un appel aux plus hautes autorités : « Nous interpellons le Président de la République, le Général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, afin qu’il nous vienne en aide. Nous ne savons pas où aller en pleine saison des pluies. Les enfants doivent reprendre le chemin de l’école, mais la situation est extrêmement inquiétante pour nous. »
Joint au téléphone par notre rédaction, le directeur général de l’ANGUCH, Lanceï Touré, a décliné toute déclaration détaillée : « Pour le moment, une équipe est à l’œuvre sur le terrain et un communiqué de presse officiel sera publié sous peu. C’est tout ce que je peux vous dire pour l’instant, merci », a-t-il déclaré avant de raccrocher.
Pour rappel, cet éboulement meurtrier a coûté la vie à 35 personnes, dont 17 ressortissants sierra-léonais.
À suivre…
Ibrahima Sory Camara
Pour la avenirguinee.org



