Ce lundi 21 septembre, l’intersyndicale de l’éducation guinéenne, composée du SLECG, du SNE et de la FSPE, s’est réunie au siège du SLECG pour lancer un ultimatum concernant l’engagement des enseignants contractuels communautaires, la situation de la zone spéciale de Conakry ainsi que le non-respect du protocole d’accord signé le 3 janvier dernier à l’issue des négociations.
Prenant la parole devant les professionnels de l’information, Kadiatou Bah, secrétaire générale du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), visiblement déterminée, n’a pas mâché ses mots. Pour elle, les enseignants ont déjà fait leur part et n’ont plus à faire de concessions. Si le patronat ne respecte pas ses engagements, l’intersyndicale n’exclut pas de recourir à la grève.
« Quand on parle d’un prochain engagement, ce n’est pas un prochain concours, encore moins la mise en place d’une commission pour statuer sur quoi que ce soit. Ces enseignants contractuels communautaires ont déjà franchi toutes les étapes, il y en a qui ont des 13, 16, 18 de moyenne. Il faut que ces enseignants soient prioritaires dans l’engagement. Nous avons tenu une réunion avec la ministre en charge de l’éducation nationale à deux reprises, et tout le monde parle d’une rentrée paisible ; mais s’ils ne respectent pas leur engagement, nous, en tant que syndicalistes, nous allons user de tous nos efforts et demander aux enseignants de rester à la maison », a-t-elle affirmé.
Abordant dans le même sens, Algassimou Diallo, secrétaire général de la Fédération syndicale professionnelle de l’Éducation (FSPE), soutient la fermeté affichée sur le sujet : « Nous sommes catégoriques là-dessus, nous allons brandir l’arme fatale si ce gouvernement ne cherche pas à débloquer la situation qui prévaut dans l’éducation. C’est écrit noir sur blanc qu’ils ne doivent plus faire de concours pour accéder à la fonction publique. »
Quant au secrétaire général du Syndicat national de l’Éducation (SNE), il a clarifié que l’intersyndicale ne s’oppose pas au recrutement lancé par le Ministère de la Fonction publique, mais exige l’engagement de leurs collègues éducateurs et le déblocage de leurs salaires retenus depuis 2024 : « C’est extrêmement important de rappeler que nous ne nous opposons pas au recrutement lancé par l’État, il peut recruter même un million de personnes, cela va alléger le chômage. Mais les enseignants qui travaillent dans les zones enclavées et qui sont sans salaire alors qu’ils ont déjà été évalués au préalable doivent être engagés, sans oublier la zone spéciale de Conakry. Les enseignants qui ont leurs salaires bloqués malgré le fait que la liste a été toilettée et certifiée par l’IGAP… nous avons envoyé la liste à la fonction publique et jusqu’à présent, ces salaires peinent à être débloqués alors que ce sont des pères et mères de famille. Où se trouve le social dans ça ? », s’est-il interrogé.
Pour clore les interventions, Aboubacar Soumah, président du SLECG, a lancé un appel aux acteurs du dialogue social afin qu’ils interviennent avant que l’intersyndicale ne passe à la vitesse supérieure : « Au regard des points soulevés par les secrétaires généraux, l’intersyndicale invite les institutions qui sont garantes du dialogue social à intervenir auprès du gouvernement guinéen pour que notre protocole soit respecté sur tous ces points :
- Le déblocage des salaires de nos enseignants ;
- La régularisation des enseignants qui se sont recyclés à l’ENI et à l’ISSEG ;
- L’engagement des enseignants contractuels conformément au protocole d’accord ;
- La finalisation de notre statut particulier et sa signature avant l’ouverture des classes », a-t-il prévenu.

À rappeler que la rentrée scolaire 2026-2027 est prévue pour le 5 octobre prochain. D’ici là, le gouvernement cédera-t-il à la pression des syndicats d’enseignants ?
Sona Sylla
Pour Avenirguinee.org



