Ce mercredi, Paulo Duarte a animé une conférence de presse dans un hôtel de la place, au cours de laquelle le sélectionneur guinéen a dévoilé la liste des 25 joueurs convoqués pour affronter l’Afrique du Sud et le Kenya, pour le compte des 1ère et 2e journées des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2027.
Interrogé sur l’absence de certains éléments, le technicien portugais a révélé les difficultés auxquelles il est confronté pour le rassemblement des joueurs en équipe nationale.
D’entrée de jeu, Paulo Duarte a planté le décor : « Je suis professionnel, je ne marche pas dans la désorganisation. Je veux que la Guinée avance dans l’organisation, dans l’ambition et dans le respect. Aujourd’hui, on a d’énormes problèmes à cause des visas, par exemple. C’est inadmissible pour moi, en tant que sélectionneur national, que la Guinée n’ait toujours pas de passeport de service pour ses joueurs. Quand on va à l’extérieur, c’est une confusion énorme. Je ne peux pas me taire là-dessus. Si je voulais, je ne dirais rien, mais je vais vous le dire. Quand vous me posez une question sur un problème minoritaire pour moi, il y a d’autres problèmes bien plus graves », a martelé le sélectionneur guinéen.
Poursuivant sur sa lancée, Duarte déplore : « Faire les visas ici, c’est trop compliqué. On oblige les joueurs à faire 6 heures de voyage d’un pays à un autre, d’une ville à une autre, pour aller dans la capitale, à l’ambassade, juste à cause d’un visa. Ce n’est pas aux joueurs de faire ces démarches, et parfois le club ne le permet pas. La Guinée est une grande équipe, un pays qui a des responsabilités. Toutes les équipes nationales ont des passeports de service. Le passeport de service permet de faire les visas ici avec la Fédération. Quand le joueur arrive dans un pays, on lui donne son passeport de service et il entre sans aucun problème. Ici, c’est le contraire. »
Le technicien du Syli insiste sur l’urgence de la situation : « J’ai déjà parlé cinq fois de la nécessité d’établir des passeports de service. On en a besoin pour éviter des soucis aux joueurs. Il y a des joueurs qui n’ont pas le temps ou qui n’ont pas d’ambassade dans leur pays de résidence ; ils sont obligés de prendre l’avion pour aller dans une ville voisine. Nous sommes au XXIᵉ siècle ! Ce sont des points que la Guinée perd face à ses adversaires. Parfois, un joueur arrive 2 jours après le début du regroupement à cause d’un visa. Et je ne parle pas d’un seul joueur, mais de trois ou quatre. Cela bloque le bon déroulement et la qualité des entraînements. Et après, on joue mal. »
Face à ce constat, Paulo Duarte interpelle directement les autorités compétentes : « Aujourd’hui, je demande aux autorités : il est obligatoire d’avoir des passeports de service. Je ne parle pas de passeports diplomatiques, je parle de passeports de service. Ils restent sous la garde de la Fédération. Nous avons besoin de cela. Nous avons aussi besoin de réponses rapides pour réserver les billets d’avion. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas de billets d’avion, il faut le dire ! Les joueurs doivent faire leur visa, mais ils ne le peuvent pas parce qu’ils n’ont pas de billet à présenter. Il reste 2 jours avant le voyage. Je sais que personne n’aime qu’on mette le doigt sur la plaie, mais je vais le faire. C’est inadmissible, on navigue parfois dans l’amateurisme », regrette-t-il.
Et de conclure : « Après, c’est le coach qui est mauvais, c’est le coach qui fait les mauvais choix. Oui, c’est toujours la même réponse. Mais quand on me demande si tout marche bien : non, tout ne marche pas bien ! Où en sommes-nous depuis mon arrivée ? Beaucoup de choses n’ont pas changé. Ce n’est pas parce que je dors ou que je rentre au Portugal après quelques matchs comme les autres. Je suis là pour changer les choses. Je gagne ou je perds la tête haute. Mais il faut dire la vérité. Comment puis-je convaincre les joueurs du projet, leur dire que nous sommes différents et que la Guinée va progresser, si dans la réalité le joueur voit que rien ne fonctionne ? Parfois, on critique des joueurs qui refusent de venir, mais ils ont peut-être raison. Parce qu’ils voient qu’il n’y a aucune avancée sur des aspects pourtant faciles à régler. »
Alsény Savané pour avenirguinee.org



