La circulation des véhicules de transport en commun entre Labé, le Sénégal et la Gambie est paralysée depuis le jeudi 3 septembre 2026. À l’origine de cette cessation d’activités, les chauffeurs dénoncent les tracasseries qu’ils disent subir sur les différents postes de contrôle, ainsi que les frais qu’ils jugent excessifs. Réunis à la gare routière de Daka, à Labé, ils appellent les autorités à intervenir pour mettre fin à cette situation.
Selon les chauffeurs, les difficultés commencent dès le poste de contrôle de Popodara, dans la préfecture de Labé, et se poursuivent jusqu’à la frontière guinéo-sénégalaise. Ils déplorent notamment les multiples paiements et contrôles qui, selon eux, rendent leurs déplacements de plus en plus difficiles.
Abdourahim Haïdara, chauffeur sur cet axe, explique les raisons de leur colère :
« Nous, chauffeurs, avons constaté avec regret ce que nous subissons. C’est pourquoi nous avons décidé d’arrêter toute activité de transport. Les frais de transport sont exorbitants sur les barrages, de Popodara jusqu’à la frontière guinéo-sénégalaise. Nous voulons voyager, mais nous ne supportons plus les tracasseries sur les postes de contrôle. Les passagers paient un billet de 280 000 francs guinéens pour se rendre au Sénégal, mais ce montant ne leur permet plus parfois d’arriver à destination.»
Le chauffeur évoque également des difficultés liées au transport des passagers guinéens au retour du Sénégal.
« Parfois, nous prenons des passagers au Sénégal lorsque nous rentrons en Guinée. Les forces de sécurité nous demandent de ramener ces mêmes passagers, qui sont des Guinéens, au Sénégal. C’est très difficile pour nous », déplore-t-il.
Du côté du syndicat des transports de la CNTG de Labé, la situation est également suivie avec attention. Le chargé des conflits et négociations, Mamadouba Camara, affirme que les chauffeurs ont exprimé leurs préoccupations dans le calme et demande aux autorités de prendre des mesures.
« Nos chauffeurs nous ont exposé leurs préoccupations sans injures. Leur objectif est de faciliter les conditions de travail de tous les chauffeurs guinéens. Ils ne sont contre personne. Les barrages sont nombreux et les tracasseries se multiplient. Nous demandons aux autorités de penser aux chauffeurs afin d’atténuer leurs souffrances », sollicite-t-il.»
Cette grève affecte ainsi les déplacements des passagers qui empruntent régulièrement ces axes internationaux. Pour l’heure, aucune date de reprise des activités n’a été annoncée par les transporteurs, qui attendent des réponses concrètes des autorités sur leurs revendications.
Labé, Sadou Bela Barry, pour avenirguinee.org.



