Cette année, lors du baccalauréat session 2026, le gouvernement guinéen, à travers le ministère de l’Enseignement pré-universitaire, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, a instauré un système de rattrapage. Cette mesure vise à donner une seconde chance aux candidats ayant obtenu une moyenne comprise entre 8,50 et 9,99 de repasser certaines épreuves afin de décrocher leur diplôme.
Comment cette innovation est-elle perçue par l’ancienne Ministre de l’Éducation nationale et ancienne dirigeante du secteur éducatif au sein de l’UNESCO, Hadja Aïcha Bah ?
Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction ce samedi 5 septembre 2026, juste après la publication des résultats de cette session de rattrapage, elle a salué l’initiative :
« C’est une excellente chose ! Vous savez, lorsqu’un enfant à 9,50 ou plus et qu’il échoue, c’est souvent à cause d’un problème ponctuel ou du stress. Il ne faut pas que le baccalauréat soit un entonnoir. Notre souhait est d’offrir au plus grand nombre un accès à l’enseignement supérieur ou professionnel. Ayant dirigé le secteur Éducation à l’UNESCO, nous avons toujours prôné de donner le maximum d’éducation possible. Autrefois, nous copions le système français. Le concours d’entrée au collège ou le BEPC sous forme de concours n’avaient pas de sens ; je le disais déjà quand j’étais ministre. Organiser une deuxième session au baccalauréat pour ceux qui ont eu 9,50 et plus afin de leur donner l’opportunité d’aller à l’université est une excellente décision. Nous avons même tardé à le faire, alors que de nombreux pays l’appliquent déjà. Que la Guinée l’instaure cette fois-ci, sous l’impulsion du président lui-même, est très salutaire. Certains s’orienteront vers l’enseignement professionnel et réussiront. Le plus important est de transmettre aux enfants des compétences, un esprit d’entreprise et un esprit critique. Quel que soit le diplôme, sans cet esprit critique, on n’avance pas. Mais lorsqu’on l’a, on peut réussir partout : dans le secteur privé, la fonction publique ou au gouvernement. »
À la question de savoir si les admis de cette session doivent être orientés vers les universités ou les écoles professionnelles, Hadja Aïcha Bah précise que le choix appartient au candidat :
« C’est à l’enfant de choisir. S’il souhaite aller à l’université ou vers l’enseignement technique, c’est sa décision. Personnellement, je crois fermement à l’enseignement technique et à la formation professionnelle. Un jeune qui suit une filière technique ne restera pas au chômage ; il créera sa propre entreprise. C’est ce dont nous avons besoin aujourd’hui. Pour moi, l’enseignement technique et professionnel reste une voie privilégiée. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



