Rien ne va plus entre la Direction nationale de la marine marchande et les travailleurs de la mer. Ce jeudi 3 septembre, le port de pêche artisanale et industrielle de Boulbinet, situé dans la commune de Kaloum, a été le théâtre d’une nouvelle journée de colère. Faisant suite à un premier mouvement de contestation, les marins-pêcheurs ont de nouveau investi la rue pour crier leur ras-le-bol face à une précarité jugée insupportable.
Au cœur des revendications : des rémunérations dérisoires et une pénibilité extrême. Payés à hauteur d’environ 45 000 GNF par jour, soit un revenu mensuel d’à peine 1 350 000 GNF, ces professionnels de la mer dénoncent un rythme tenace, sans le moindre jour de repos et sans aucune prise en charge de leur restauration à bord. Une injustice flagrante pour ces marins de nationalités guinéenne, sierra-léonaise et ghanéenne, dont les efforts quotidiens alimentent pourtant une filière halieutique en pleine croissance, largement tournée vers l’exportation.
Unies dans l’adversité, les équipes mobilisées entendent interpeller directement le chef de l’État sur leur détresse sociale. Leurs exigences sont désormais fermes :
Revalorisation salariale : La fixation d’un salaire mensuel minimum de 6 500 000 GNF.
Prise en charge à bord : La fourniture des repas durant les campagnes de pêche.
Droits du travail : L’instauration de temps de repos réglementaires.
Bien décidés à se faire entendre, les grévistes ont opté pour la manière forte. Avant notre départ du port de Boulbinet, le porte-parole des marins-pêcheurs de Guinée a acté le gel complet des activités : aucun navire n’est autorisé à prendre le large jusqu’à nouvel ordre. Plus radical encore, les embarcations déjà déployées en mer ont reçu l’ordre d’interrompre leurs opérations et de regagner immédiatement les quais.

Le secteur de la pêche s’enfonce dans une crise ouverte, et les regards se tournent désormais vers les autorités maritimes.
Dossier à suivre.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



