Le Collectif des médecins Guinéens spécialistes et en spécialisation, en collaboration avec la structure sanitaire turque Médical Parc, a tenu une conférence de presse ce vendredi 28 août à la Maison Commune des Journalistes.
Cette rencontre avait pour objectif de présenter une proposition de partenariat avec l’État guinéen axée sur la formation des médecins spécialistes locaux, tout en revenant sur la situation administrative des praticiens guinéens, toujours en attente de règlement.
Prenant la parole, le Dr Ousmane Coulibaly, spécialiste en cancérologie et président du Collectif, est revenu sur les démarches entreprises auprès du ministère en charge de la Santé : « Derrière chaque médecin spécialiste guinéen, il y a une compétence. Derrière chaque compétence, il y a des années de formation. Et derrière chaque spécialiste qui ne trouve pas sa place dans le système de santé national, c’est toute la population guinéenne qui risque de perdre une opportunité d’accès à des soins de qualité. Nous avons présenté nos préoccupations, formulé des propositions, participé à des échanges. Nous avons espéré. Mais au terme de ces différentes démarches, un constat demeure : nous avons beaucoup entendu de discours et de promesses, mais trop peu de décisions concrètes. Et c’est précisément là que se trouve aujourd’hui notre frustration », a-t-il déploré.
Poursuivant son allocution, il a souligné : « Nous ne sommes pas opposés au dialogue. Au contraire, nous croyons profondément au dialogue. Mais le dialogue ne peut avoir de sens que lorsqu’il débouche sur des actes. Après ces années de lutte, nous pensons qu’il est temps de passer des promesses aux réalisations. »
Pour clore son intervention, le Président du collectif a vivement encouragé l’État guinéen à saisir l’opportunité de ce partenariat : « Nous demandons à l’État guinéen d’accepter le partenariat avec les Turcs. Nous n’avons rien à perdre, nous avons seulement à gagner. Les médecins sont prêts à venir transmettre leurs compétences. C’est quelque chose de grandiose et une coopération qui ne s’est pas encore produite en Guinée. Nous appelons les autorités à s’engager », a-t-il conclu.
De son côté, Dr Mory Sangaré, chirurgien pédiatre, a rappelé la disponibilité des professionnels à servir sur l’ensemble du territoire national, déplorant leur non-intégration dans la fonction publique : « Aujourd’hui, il y a plus de 800 membres, dont 400 déjà diplômés, qui depuis des années se battent pour un seul but : servir leur pays. Ils sont même prêts à être redéployés à l’intérieur du pays. Mais malheureusement, ils ne sont pas recrutés par l’État, et lors du dernier concours organisé, aucun spécialiste n’a été retenu sous prétexte que nous n’étions pas concernés par ce concours », a-t-il affirmé.
Intervenant à son tour, le Pr Yacub, spécialiste en chirurgie plastique et reconstructrice, est revenu sur les observations de la délégation turque et les perspectives de collaboration : « Nous avons visité les différentes structures sanitaires depuis notre arrivée en Guinée, notamment les blocs opératoires et les salles de réanimation. Les équipements et plateaux techniques vous manquent, et nous serions honorés de vous accompagner et d’accueillir les patients guinéens en Turquie, pas uniquement pour des soins, mais également pour former les médecins afin qu’ils puissent réaliser ces interventions ici chez vous », a-t-il affirmé.
À travers cette initiative conjointe, les praticiens guinéens et leurs partenaires entendent valoriser leur expertise et proposer des solutions concrètes pour le renforcement durable du système de santé national.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



