La septième édition du Forum sous-régional de la jeunesse sur la paix, la sécurité et les droits de l’homme s’est achevée samedi dernier à Bouaké, en Côte d’Ivoire. Rassemblant des autorités locales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des figures engagées venues de toute la sous-région et du Sahel, cet événement de 4 jours s’est imposé comme une plateforme stratégique de concertation. Parmi les délégations dépêchées sur place, la Guinée marque une présence remarquée avec une trentaine de jeunes leaders résolus à porter haut la voix de leur pays. Parmi eux figurait Moryba Donzo, président du Consortium des Jeunes Leaders de Guinée (COJELGUI), une organisation active dans la sensibilisation à la paix, la sécurité, les droits humains et le don de sang en partenariat avec le CNTS et MSF Guinée.
Pour lui, « Participer à ce forum de Bouaké est une grande fierté pour le COJELGUI. C’est d’abord la reconnaissance de la voix de la jeunesse guinéenne dans les débats sous-régionaux sur la paix. C’est aussi une chance d’apprendre des expériences des autres pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, et de tisser des partenariats pour renforcer nos actions. Pour nous, l’objectif est clair : porter la réalité de nos jeunes et repartir avec des outils concrets pour agir dans nos communautés. »
Selon le président du COJELGUI, les jeunes ne doivent plus être perçus comme des facteurs d’instabilité, mais comme des acteurs centraux de la recherche de solutions durable. Il décline cette mission autour de trois axes fondamentaux : « La jeunesse africaine doit être au cœur de la solution. Nous ne sommes pas le problème, nous sommes des acteurs de paix. Notre rôle moteur passe par trois axes : d’abord sensibiliser dans les quartiers et sur les réseaux sociaux contre les discours de haine et la désinformation ; ensuite méditer localement, parce que nous connaissons le terrain et pouvons apaiser les tensions avant qu’elles ne dégénèrent ; enfin proposer des alternatives comme l’emploi, l’éducation, la santé et la culture. Un jeune qui a des opportunités et qui se sent écouté est un jeune qui construit la paix au lieu de la subir. »
Évoquant les réalités socio-économiques auxquelles la jeunesse guinéenne est confrontée au quotidien, Moryba Donzo a insisté sur la nécessité d’impliquer les jeunes dans les prises de décision : « Pour la jeunesse guinéenne, ces débats sont cruciaux. Nous faisons face au chômage, à la désinformation, et à des risques de tensions communautaires. Parler de paix, de sécurité et de droits humains ici, c’est parler de notre quotidien à Conakry comme à l’intérieur du pays. Il est essentiel que la jeunesse soit associée aux décisions, car nous sommes les premiers concernés. La stabilité de la Guinée dépendra de notre capacité à donner aux jeunes confiance, repères et opportunités. »
Au terme des travaux, la délégation guinéenne espère voir émerger des mesures concrètes et opérationnelles. « Nous attendons des actes concrets à la sortie de ce forum. Premièrement, un plan d’action sous-régional intégrant les jeunes dans les instances de pilotage. Deuxièmement, des financements et un appui technique pour les initiatives de paix portées par les jeunes sur le terrain », a-t-il laissé entendre.
Et de terminer, il a lancé un message en ces termes à la jeunesse «Notre avenir ne se construira pas sans nous. Disons non à la violence, oui au dialogue, et engageons-nous pour bâtir ensemble. Nous sommes la génération de la paix.
À la jeunesse guinéenne : Frères et sœurs, la Guinée a besoin de nous unis. Engageons-nous dans nos quartiers, connaissons nos droits, assumons nos devoirs. Par des gestes concrets comme le don de sang, l’éducation et la solidarité, nous pouvons faire la différence. Ensemble, construisons une Guinée stable, saine et prospère ».
Fodé Camara pour avenirguinee.org



