Constitués en collectif, 375 superviseurs techniques communaux du Programme National de Recensement à Vocation d’État Civil (PN-RAVEC) montent au créneau pour exiger le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire. Cette prise de parole fait suite à la publication d’une note sur leur plateforme interne leur sommant de restituer leurs équipements roulants.
Contacté ce mercredi 19 août par la rédaction d’Avenirguinee.org, Sâa Moussa Tolno, superviseur technique communal et coordinateur du Collectif des superviseurs du PN-RAVEC, est revenu sur la genèse de ce différend.
Sâa Moussa Tolno retrace le déroulement des contrats et l’accumulation des impayés : « Tout remonte à octobre 2024. Après notre recrutement au PN-RAVEC, nous avons effectué une période d’essai d’un mois au cours de laquelle nous avons perçu deux millions de francs guinéens de prime. Suite à cela, nous avons signé un contrat de quatre mois qui s’est achevé en janvier 2025 et qui a été réglé. Il était clairement stipulé que ce contrat était renouvelable. Nous l’avons donc renouvelé pour deux mois, en mars et avril. Si certains collègues affirment ne pas avoir perçu leurs primes pour ces deux mois, personnellement je les ai reçues. Cependant, au terme de ce contrat renouvelé, une note circulaire conjointe du MATD et du ministère de la Justice a été publiée pour prolonger les activités sur le terrain de neuf mois, jusqu’en décembre 2025. Il y était clairement défini que nous devions être associés aux opérations. C’est ce que nous avons fait sur instruction des coordinateurs préfectoraux. Durant ces neuf mois, nous n’avons perçu aucun salaire, hormis une recharge téléphonique de 25 000 GNF par mois. En décembre, ils ont également mis fin à cela sans nous donner aucune explication sur une éventuelle résiliation de nos contrats. »
Face à l’injonction de rendre les engins roulants mis à leur disposition, les agents ont décidé d’unir leurs voix : « Dans l’après-midi du 13 août, nous avons découvert sur notre plateforme nationale une procédure exigeant la restitution des motos. Ne comprenant pas cette démarche alors que nos arriérés restent impayés, nous avons décidé de créer un collectif de revendication. À ce jour, nous avons déposé des courriers à la Présidence, à la Primature, au MATD, au ministère de la Justice, à l’Inspection générale du travail ainsi qu’à la coordination nationale du PN-RAVEC. »
Bien qu’il privilégie la voie du dialogue, le collectif se dit prêt à porter l’affaire en justice en cas d’intimidation : « On nous signale déjà par endroits que certains de nos collègues font l’objet de menaces de la part de responsables. Nous envisageons de solliciter les services d’un avocat ou d’un cabinet d’avocats pour assurer notre défense en cas de poursuite de quiconque parmi nous. Même si nous ne souhaitons pas en arriver là, il s’agit d’une question de droit. La question d’une manifestation n’est pas prioritaire pour l’instant, nous allons encore patienter. »
Pour rappel, le PN-RAVEC est un programme stratégique visant à moderniser l’état civil guinéen, à numériser les données démographiques et à garantir une meilleure identification de chaque citoyen.
Sona Sylla pour Avenirguinee.org


