Le Tribunal de première instance de Mamou a rendu, ce mardi 18 août 2026, son verdict dans le dossier opposant le ministère public à Mamadou Saliou Diallo, poursuivi à la suite du grave accident de la circulation survenu dans la nuit du 28 au 29 juin dernier à Diarabaka. Le drame avait fait 16 morts et plusieurs dégâts matériels.
Âgé de 24 ans, Mamadou Saliou Diallo était poursuivi pour homicide involontaire, blessures involontaires et dégradation de biens privés. Après plusieurs audiences consacrées notamment à l’examen des responsabilités et aux questions d’indemnisation des victimes et de leurs ayants droit, le tribunal a finalement tranché.
Statuant publiquement, contradictoirement, en matière correctionnelle et en premier ressort, le Tribunal de première instance de Mamou a déclaré le prévenu coupable des faits qui lui sont reprochés.
Dans son dispositif, le juge audiencier, Mamadou Yaya Sow, a déclaré :
«« Le tribunal statuant publiquement contradictoirement en matière correctionnelle et en premier ressort, après en avoir délibéré, sur l’action publique, déclare Mamadou Saliou Diallo coupable des faits qui lui sont reprochés. Pour la répression, le condamne à 5 ans d’emprisonnement et à 10 millions de francs guinéens d’amende. Ordonne la suspension de son permis de conduire pour une durée de 5 ans. »»
Le tribunal a également ordonné le maintien sous main de justice du camion-remorque de marque Renault, de couleur noire, immatriculé AZ 3698 BE 9533, placé sous scellé numéro 33 le 30 juin 2026, et ce, jusqu’à l’entière indemnisation des ayants droit des victimes par la compagnie d’assurance NSIA.
Sur l’action civile, le tribunal a pris acte de la lettre d’information relative aux modalités d’indemnisation ainsi que des offres provisionnelles formulées au titre du préjudice moral.
Le juge a, en conséquence, réservé les intérêts civils, laissant ainsi ouverte la question de l’indemnisation définitive des victimes et de leurs ayants droit.
Le tribunal a également mis les dépens à la charge du condamné, conformément aux dispositions légales citées dans la décision.
Cette décision intervient après une audience au cours de laquelle les différentes parties avaient été entendues. Le ministère public avait requis une peine plus lourde, sollicitant notamment sept ans d’emprisonnement ferme, 10 millions de francs guinéens d’amende ainsi que l’annulation du permis de conduire du prévenu.
Avant le prononcé du verdict, Mamadou Saliou Diallo avait livré sa dernière déclaration, exprimant ses regrets et sollicitant la clémence du tribunal. Visiblement ému, il avait également récité des versets coraniques faisant référence au destin et à la mort.
Le drame de Diarabaka avait profondément marqué la préfecture de Mamou et suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique. La collision avait coûté la vie à 16 personnes, laissant derrière elles des familles endeuillées et confrontées, au-delà de la douleur, à d’importantes conséquences économiques et sociales.
En rendant son verdict, la justice vient ainsi de se prononcer sur la responsabilité pénale du conducteur. Toutefois, la question de la réparation des préjudices reste encore au cœur de la procédure, notamment à travers l’indemnisation des victimes et de leurs ayants droit.
Le président du tribunal a enfin rappelé aux parties qu’elles disposent d’un délai de 15 jours pour relever appel de la décision si elles ne s’en déclarent pas satisfaites.
Le verdict met donc un terme à cette étape judiciaire, mais ne referme pas encore toutes les blessures laissées par le drame de Diarabaka. Pour les familles des 16 victimes, l’attente se poursuit désormais autour de l’indemnisation et de la réparation des préjudices, dans l’espoir que la justice puisse apporter, au-delà de la sanction pénale, une réponse à la hauteur de l’ampleur de cette tragédie.
Ibrahima Kindia Soumah Pour avenirguinee.org


