Alors que le bail de la famille Diallo est en cours pour une durée de 30 ans depuis le mandat de l’ancien gouverneur de Conakry, les occupants des deux côtés de la gare routière de Madina d’où partent notamment les véhicules pour Bamako (Mali) et l’intérieur du pays, sont sommés de libérer les lieux d’ici dimanche prochain.
Selon les témoignages, cette décision est survenue sans préavis ni consultation préalable de la famille Diallo, qui se présente comme la propriétaire légitime des deux emplacements. Surprise par cette mesure, la famille affirme ignorer qui en est l’initiateur.
Pour alerter le chef de l’État, le Général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, la famille Diallo a tenu un point de presse ce mercredi 19 août afin de prendre à témoin l’opinion publique et les autorités.
Mamadou Baïlo Diallo, porte-parole de la famille, a expliqué les motifs de cette démarche : « Il s’agit d’informer le gouvernement guinéen, en particulier le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, qu’une famille disposant de documents légaux est très inquiète face aux rumeurs exigeant la libération du domaine de la gare routière de Madina. Il s’agit d’un domaine pour lequel la famille Diallo détient un contrat de bail dûment signé avec les autorités de la commune de Matam, le gouvernorat et le ministère de l’Habitat. »
Il a ensuite ajouté : « La famille fait appel au Président de la République pour qu’il intervienne, car nous sommes dans un État de droit. S’il s’agit d’une cause d’utilité publique, la famille est prête à libérer les lieux. Mais si c’est une initiative privée dissimulée derrière cette démarche, cela ne passera pas. La famille n’acceptera pas et a déjà saisi la justice en portant plainte contre X. Les documents du bail que nous avons obtenus datent de l’époque de Mathurin Bangoura ; tout a été signé et authentifié. »
Poursuivant ses explications, le porte-parole a apporté des précisions sur les démarches administratives effectuées : « La commune de Matam nous a également délivré un contrat, affirmant que c’était à elle de nous accorder l’autorisation de construire la gare routière. Comme la gestion des marchés relevait de ses compétences, elle a exigé que nous souscrivions un bail avec elle pour pouvoir aménager le domaine. Malgré l’obtention de ce document, le projet n’a toujours pas abouti. Par la suite, nous avons procédé à la pose de la première pierre en présence des représentants du gouvernorat et du maire de l’époque, Ismaël Condé. Dès le lendemain, les adjoints au maire sont venus contester le bail accordé par le gouvernorat, créant une confusion qui persiste encore aujourd’hui. »
Enfin, il a conclu sur les récents événements survenus du terrain : « Récemment, des individus sont venus déguerpir tout le monde à la gare routière, prétendant qu’un nouveau contrat avait été attribué pour la construction du site. Pourtant, notre contrat demeure parfaitement valable à ce jour. C’est pourquoi j’ai tenu à informer l’opinion de ce qui se passe réellement sur le terrain. »

Alors que l’échéance de dimanche approche à grands pas, la gare routière de Madina retient son souffle. Entre imbroglio administratif et risque d’expulsion imminente, seul un arbitrage au plus haut niveau de l’État semble désormais en mesure d’éviter un affrontement judiciaire ou social.
Dossier à suivre.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



