Le Tribunal de première instance de Mamou a repris, ce mardi 11 août 2026, l’examen du dossier opposant le ministère public à Mamadou Saliou Diallo. Âgé de 24 ans, le conducteur est poursuivi pour homicide involontaire, blessures involontaires et dégradation de biens privés, à la suite du grave accident survenu dans la nuit du 28 au 29 juin dernier à Diarabaka, dans la préfecture de Mamou. La collision avait fait 16 morts et plusieurs dégâts matériels.
Au cours de cette nouvelle audience, les débats ont notamment porté sur l’indemnisation des victimes et de leurs ayants droit.
La société NSIA Assurances, appelée dans cette procédure en qualité de civilement responsable, a présenté son dispositif de prise en charge des préjudices.
Selon les éléments exposés à la barre, l’indemnisation devrait notamment couvrir les frais liés aux obsèques, le préjudice moral ainsi que le préjudice économique subi par les familles des victimes. Ce dernier doit être évalué en fonction des revenus des personnes décédées et de la situation de leurs ayants droit, notamment les époux, épouses et enfants.
La compagnie d’assurances a toutefois indiqué avoir besoin de pièces justificatives supplémentaires afin de procéder à une évaluation plus précise des différents préjudices. À titre provisoire, elle estime à 127 millions 50 mille francs guinéens le montant du préjudice moral pour l’ensemble des victimes.
De son côté, le ministère public a estimé que les circonstances de l’accident traduisaient un manque d’attention et un comportement imprudent de la part du chauffeur.
Au regard de ces éléments, le parquet a requis une peine de sept ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 10 millions de francs guinéens, ainsi que l’annulation du permis de conduire du prévenu.
Les questions liées aux véhicules impliqués dans l’accident ont également été abordées. L’avocat représentant la compagnie d’assurances a sollicité la mainlevée du placement sous scellés du camion, afin que celui-ci puisse être restitué.
Concernant la Peugeot impliquée dans la collision, le conseil a précisé que si les expertises techniques concluent à des dégâts irréparables, le véhicule pourrait être officiellement considéré comme une épave. La défense attend encore, sur ce point, des informations techniques complémentaires.
Invité à prononcer sa dernière déclaration avant la clôture des débats, Mamadou Saliou Diallo a exprimé ses regrets et demandé la clémence du tribunal. Dans une intervention empreinte d’émotion, le prévenu a également récité des versets coraniques faisant référence au destin et à la mort.
Après avoir entendu les différentes parties, le président du Tribunal de première instance de Mamou a déclaré les débats clos et mis l’affaire en délibéré.
Le verdict est attendu le 18 août 2026.
Cette décision sera particulièrement scrutée par les familles des 16 victimes, qui attendent désormais que la justice détermine les responsabilités dans ce drame qui a profondément marqué la communauté de Diarabaka et au-delà.
Ibrahima Kindia Soumah pour avenirguinee.org



