L’organisation des élections constitutionnelles, présidentielle, législatives et communales marque la fin de la transition en Guinée, initiée depuis la prise du pouvoir par le CNRD le 5 septembre 2021.
Après la mise en place de l’Assemblée nationale, les figures politiques guinéennes actuellement en exil, à l’image de Cellou Dalein Diallo ou de Sidya Touré, pourront-elles retourner en toute sécurité dans leur pays ? La question a été posée ce lundi au Ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, lors d’une conférence de presse.
Revenant sur le statut de ces opposants à l’étranger, le porte-parole du gouvernement, par ailleurs Ministre des transports, a tenu à apporter des clarifications fermes : « Vous parlez des exilés politiques, il y en a qui choisissent d’être exilés politiques. Vous savez, il y a deux facteurs : est-ce qu’il y a une disposition dans notre pays qui empêche un tel ou X de rentrer ? Non, je ne crois pas qu’il y ait quelqu’un à qui on a dit « tu ne rentres pas en Guinée ». Il est libre de rentrer en Guinée, mais ça, c’est sa propre liberté. Après, celui qui dit « si je rentre, on va me questionner à la justice » ! Si tu rentres, si la justice estime qu’on doit te questionner, on va te questionner. Mais ça, ce n’est pas l’exil, parce que tu n’es pas interdit de séjour. Après, lui-même, est-ce qu’il se considère comme en exil ? Il dit et c’est ce que j’ai retenu qu’il est en mission. Il était en mission quand le parti existait, maintenant. Donc, la question-là, c’est individuellement qu’on la tranche. »
Poursuivant son analyse sur la notion d’exil, Ousmane Gaoual Diallo a martelé : « Il n’y a pas aujourd’hui de disposition qui interdise à tel ou tel de rentrer dans le pays. Même quand vous faites une connerie à l’étranger et que vous dites « si je rentre, on va m’arrêter », cela ne te donne pas le droit de dire « je suis en exil ». »
Pour conclure sa réponse, le ministre a insisté sur le devoir des acteurs politiques d’assumer leurs convictions face à leurs militants et à l’opinion publique : « Après, ça dépend pourquoi tu y vas. Si tu y vas pour tes opinions, tu ne dois pas craindre d’y aller pour tes opinions. Si tu as des opinions je ne dis pas quelqu’un qui tue ou qui vole, lui il doit craindre mais quelqu’un qui dit « j’assume des opinions », tu dois les assumer parce que tu ne fais pas tes opinions pour tuer quelqu’un ou pour assassiner. Tu dis des propos, tu dis ta compréhension de ce que doit être la société dans laquelle tu vis. Mais tu dois aussi pouvoir assumer ça, parce que derrière tes convictions, derrière tes propos, il y a des gens qui y croient et qui, peut-être, ne peuvent pas se mettre à l’abri en te suivant. La balance est donc individuelle, c’est mon point de vue. »
Ibrahima Sory Camara, pour avenirguinee.org



