La traque contre la criminalité économique et environnementale s’accélère. Le procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, vient de frapper un grand coup en requérant une interdiction formelle de sortie du territoire national à l’encontre de plusieurs personnalités. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une vaste enquête sur l’exploitation minière clandestine dans la préfecture de Siguiri.
La mesure conservatoire demandée par le parquet spécial ne fait aucune distinction de rang. Elle cible de plein fouet d’anciens responsables préfectoraux, des cadres de l’administration déconcentrée, des agents techniques, ainsi que des exploitants miniers présumés.
Parmi les visages bien connus de cette liste, on retrouve :
- Le colonel Sékou Seny Silver Camara, ex-préfet de Siguiri ;
- Amara Kaba, ancien secrétaire général de la préfecture ;
- Fatoumata Binta Sow, ancienne directrice préfectorale de l’Administration du territoire.
L’onde de choc remonte jusqu’au niveau national, puisque Ousmane Kaba, directeur national des Mines, son adjoint Moustapha Camara, ainsi que plusieurs agents des services forestiers et fauniques sont également cloués au sol par cette interdiction.
L’enquête de la CRIEF prend également une tournure internationale. Le procureur spécial a explicitement cité trois ressortissants chinois résidant à Siguiri : Li Dai Tuan, Teying Liang et Yi Qin. Selon le parquet, leur présence constante sur le sol guinéen est jugée indispensable pour faire toute la lumière sur ce dossier.
Cette offensive judiciaire est la suite logique des enquêtes ouvertes sur la dégradation alarmante de l’environnement dans les zones minières de la Haute-Guinée. Depuis des années, les activités d’orpaillage clandestin sont pointées du doigt pour leurs conséquences catastrophiques sur les cours d’eau, la destruction des terres agricoles et la déforestation massive.
Fodé Camara pour avenirguinee.org



