Ce vendredi 26 juin 2026, l’humanité a célébré la Journée internationale de la lutte contre la drogue. En Guinée, la Direction générale de l’Institut Itinérant de Formation et de Prévention Intégrées Contre la Drogue et Autres Conduites Addictives (IIFPIDCA) a commémoré cette journée à Conakry sous le thème : « Le problème mondial de la drogue : des enjeux persistants, de nouveaux défis, des réponses innovantes ».
Présent à cette cérémonie, le président de l’ONG « Sans Tabac en Guinée », Ibrahima Sory Cissé, a partagé son expérience et son combat face à ce phénomène qui ronge la jeunesse guinéenne.
Pour Ibrahima Sory Cissé, la sensibilisation en amont est l’arme la plus efficace pour empêcher les jeunes de basculer dans l’addiction, notamment à travers des produits très prisés comme la chicha.
« C’est une joie pour moi aujourd’hui de participer auprès de mes amis, auprès de l’Institut Général de la lutte contre la drogue et autres, pour parler de cette problématique, essayer de sensibiliser et mobiliser la population contre la consommation de la drogue et ses dérivés. Vous n’êtes pas sans savoir que la population guinéenne aujourd’hui, dont la moitié ou plus de la moitié, les jeunes ont moins de 35 ans, voire 40 ans. La consommation de cette drogue, je veux parler à travers la chicha, est très développée chez nos sœurs, est très développée chez les hommes », a-t-il d’abord fait remarquer.
L’activiste n’a pas hésité à évoquer son propre passé pour envoyer un message d’espoir et guider le rôle des médias : « Il faudra que le gouvernement, y compris tous les acteurs sociaux, qu’ils se donnent la main pour lutter contre ce fléau à travers la sensibilisation. Il a été dit tout de suite dans la salle que quelqu’un qui consomme de la drogue, il faut l’amener vers le centre de rééducation afin qu’il arrête la drogue. Mais avant que tu ne consommes de la drogue, nous, ONG, nous sommes là pour te sensibiliser ou pour vous sensibiliser de ne plus fumer, de ne plus consommer de la drogue. Je vais être clair avec vous, moi j’ai fumé. J’ai fumé, j’ai eu affaire à rentrer dans le vice. Mais à travers la sensibilisation et la prise de conscience, aujourd’hui ça va. Imaginez quelqu’un qui est là, qui veut rentrer dans la consommation de la drogue et que cette personne écoute notre message, vraiment cette vie est sauvée. Maintenant, vous la presse, les médias, souvent il faut choquer pour éduquer. Et qui parle de choquer pour éduquer, il n’est pas dit qu’il faut brutaliser, il n’est pas dit qu’il faut insulter. »
Face à la prolifération de ces substances, le président de l’ONG « Sans Tabac en Guinée » propose une solution économique radicale : augmenter massivement les taxes sur l’importation de ces produits.
« Il faut qu’on se donne la main, qu’on avance pour la lutte contre la drogue et ses dérivés. Nous tendons la main au gouvernement. À un moment donné, l’importation et même la consommation de la chicha ont été interdites sur toute l’étendue du territoire national. Aujourd’hui, si le gouvernement a accepté d’accorder l’importation de la chicha en République de Guinée, vu que même il n’y a pas assez d’argent dans la caisse de l’État, pourquoi ne pas surtaxer, augmenter la taxe pour l’importation de la chicha, afin que l’économie du pays se porte mieux. Il faut aussi augmenter la taxe sur les produits du tabac. Et quand on augmente la taxe sur les produits du tabac, forcément l’économie du pays va se porter mieux », soutient-il.
Pour lui, le calcul est simple et doit pousser le citoyen à faire le bon choix : « Un paquet de cigarettes qui va vous coûter aujourd’hui 30 000 francs, et par rapport à un plat de riz qui coûte 25 000, je pense que la personne est mieux indiquée pour aller prendre un plat de 25 000 que d’aller vers ce mauvais ami qui s’appelle la cigarette. »
Pour clore son plaidoyer, Ibrahima Sory Cissé a lancé un appel pressant aux autorités guinéennes afin de verrouiller les frontières face aux circuits illégaux qui inondent le marché intérieur.
« Il faut continuer à sensibiliser et mobiliser la population. [Il faut un message aux autorités] pour lutter contre la contrebande des marques de cigarettes qui détruit l’économie du pays. La contrebande détruit la santé. Parce qu’un objet ou une marchandise qui rentre en fraude, elle coûte moins cher. Quand ça coûte moins cher, tout le monde va consommer », a-t-il conclu.
Ibrahima Sory Camara pour Avenirguinee.org



