Dans le but de venir en aide aux milliers de personnes impactées par le projet de Souapiti, afin de soulager leur sort grâce à des financements et d’autres moyens de subsistance nécessaires, l’Union Nationale des Impactés du Bassin de Konkouré (UNIBAK) a tenu ce mercredi 17 juin 2026 à Conakry la 2ème édition du Forum du Bassin de Konkouré. Le thème retenu cette année est : « Du potentiel à l’impact : Gouvernance et financement du Bassin ».
Cette initiative, portée par les populations impactées par le grand barrage hydroélectrique de Souapiti, vise à mobiliser des financements pour accompagner non seulement l’union, mais aussi les milliers de personnes touchées par les barrages construits sur le fleuve Konkouré, notamment Souapiti, Kaleta, Garafiri et Amaria.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par l’ancien président du CNT, le Dr Dansa Kourouma, en compagnie du ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, ainsi que du représentant d’un partenaire au développement.
Dans son discours, le président de l’UNIBAK, Maître Oumar Aïssat Camara, a mis un accent particulier sur la pertinence de ce forum qui va, selon lui, favoriser le dialogue : « Le Konkouré n’est pas un simple fleuve. Le Konkouré est l’un des principaux moteurs du développement de notre pays. Le Konkouré éclaire nos villes. Le Konkouré alimente nos industries. Le Konkouré soutient notre croissance économique. Le Konkouré contribue au rayonnement de la Guinée dans la sous-région. À travers ces barrages, le Bassin du Konkouré participe directement à la transformation structurelle de notre économie et nous nous en réjouissons. Car les populations du bassin ne se sont jamais opposées au développement. Au contraire, elles en sont les premières partenaires. Elles ont consenti des sacrifices. Elles ont accepté des déplacements. Elles ont vu leurs territoires se transformer au nom d’un idéal plus grand : celui du progrès collectif. C’est pourquoi notre démarche n’est pas une démarche de confrontation. Elle est une démarche de construction. Elle est une démarche de dialogue. Elle est une démarche de solutions », a-t-il rappelé.
Abordant le choix du sujet, il a fait savoir que ce thème reflète parfaitement les réalités actuelles : « Le thème de cette deuxième édition est : « Du potentiel à l’impact : gouvernance et financement du Bassin. » Ce thème traduit une conviction simple : le potentiel seul ne suffit plus. Le temps est venu de transformer les potentialités en impacts positifs, visibles et durables pour les populations et pour la Nation. Nous devons désormais répondre à une question fondamentale : comment faire en sorte que la richesse produite dans le bassin contribue davantage au développement durable du bassin lui-même ? Cette question n’est ni nouvelle ni polémique. Elle est aujourd’hui au cœur des débats mondiaux sur la gouvernance des ressources naturelles. Partout où existent de grands bassins stratégiques, des mécanismes spécifiques ont été créés pour assurer leur gestion et leur développement. »
Plus loin, le président de l’UNIBAK a décliné les grands objectifs de sa structure : « Notre première ambition est donc la création d’un mécanisme permanent de gouvernance du Bassin du Konkouré. Un cadre capable de réunir autour d’une même table : l’État, les collectivités, les porteurs de projets, les sociétés hydroélectriques, les partenaires et les communautés. Non pour multiplier les structures, mais pour coordonner les actions, prévenir les conflits, suivre les engagements, planifier les investissements et construire une vision commune du développement du bassin. »
« Notre deuxième ambition concerne le financement. Car aucune politique durable ne peut réussir sans ressources durables. C’est pourquoi nous plaidons pour la création d’un Fonds de Développement du Bassin du Konkouré. Un mécanisme transparent, crédible, orienté vers les résultats et capable de soutenir les infrastructures communautaires, la protection de l’environnement, la pêche, l’agriculture, l’accès à l’eau, la formation des jeunes, l’autonomisation des femmes et les initiatives économiques locales. Cette proposition n’est ni révolutionnaire ni irréaliste. »
Enfin, il a tenu à saluer les efforts déjà fournis par l’État guinéen tout en ouvrant la voie à une collaboration plus étroite : « Nous sommes conscients des efforts déjà consentis. Nous saluons notamment les initiatives engagées par l’État, les projets hydroélectriques (…) et les partenaires techniques et financiers. Nous saluons également les avancées importantes enregistrées dans le cadre de l’électrification des localités riveraines. Ces progrès démontrent qu’avec la volonté politique, les solutions sont possibles. Mais nous pensons également que l’heure est venue de passer d’interventions ponctuelles à une approche plus structurée, plus intégrée et plus durable. »
« Le forum qui s’ouvre aujourd’hui n’est donc pas un rendez-vous de plus. Il doit être un tournant. Un moment où les idées deviennent des engagements. Un moment où les engagements deviennent des mécanismes. Un moment où les mécanismes deviennent des résultats concrets. L’UNIBAK n’est pas venue réclamer des privilèges. L’UNIBAK est venue proposer un partenariat. Un partenariat au service de la Guinée. Car lorsque le Bassin du Konkouré se développe harmonieusement, c’est toute la Guinée qui progresse. Lorsque les communautés sont associées aux solutions, c’est la stabilité qui se renforce. Lorsque l’environnement est préservé, c’est l’avenir qui est protégé. Lorsque les bénéfices du développement sont mieux partagés, c’est la cohésion nationale qui se consolide. »
À noter que durant ces deux jours de travaux, plusieurs thématiques clés seront abordées et débattues par des experts.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
621 26 99 81



