Ambiance électrique ce vendredi matin devant le siège du Comité National de Lutte Contre le VIH/SIDA (CNLS). Des membres du Réseau Guinéen des Associations de Personnes Infectées et Affectées par le VIH/SIDA (REGAP+) ont manifesté pour dénoncer les conditions d’organisation de leur congrès électif.
Les manifestants accusent la présidente sortante, Kadiatou Boye Baldé, qui brigue un quatrième mandat, d’avoir délibérément verrouillé l’accès à la salle. Selon eux, tous les membres soupçonnés d’être opposés à sa candidature ont été systématiquement écartés du processus.
Prenant la parole au nom des contestataires, Mariame Bokini Somparé, vice-présidente et porte-parole de ce groupe, a exprimé sa colère face à ce qu’elle qualifie de complicité de la part des autorités de tutelle : « Nous sommes venus pour notre congrès qui doit se tenir aujourd’hui. Notre réseau regroupe 42 associations réparties à Conakry et à l’intérieur du pays. Malheureusement, un conflit interne couve et le Comité National de Lutte Contre le SIDA s’en mêle. Le CNLS tente de régenter nos élections alors que notre structure est totalement libre et indépendante. Ils nous ont pratiquement confisqués dans leurs locaux pour organiser un scrutin biaisé en faveur de la présidente sortante. »
Poursuivant ses explications, elle remet en cause la légitimité même de la candidate : « La présidente sortante a déjà fait deux mandats successifs conformes, elle n’est réglementairement plus éligible. Sachant que nous sommes opposés à sa candidature, elle a choisi de nous écarter. Des membres venus de Koundara, de Faranah et d’autres préfectures se sont vu refuser l’accès à la salle. C’est illégal. Nous dénonçons ces fraudes et le parti pris du CNLS pour une présidente qui, de surcroît, traîne des casseroles de détournements de fonds au niveau de notre ONG. Si ce blocage persiste, nous ne reconnaîtrons pas le bureau qui sera issu de ce vote. »
Venu représenter les structures de l’intérieur, M. Pierre Haba n’a pas caché son indignation face à ce qu’il qualifie de manœuvre électoraliste : « Initialement, ce congrès devait se tenir à Mamou. Mais sachant qu’elle ne pouvait pas corrompre les délégués là-bas, le rendez-vous a été délocalisé ici pour forcer le renouvellement du Conseil d’Administration. Nous avons dit qu’il n’y avait pas de problème, que nous étions prêts à prendre en charge nos propres frais. Tout ce que nous réclamons, c’est notre droit de voter et d’être élus, conformément à nos statuts. »
Face à ce blocage, les contestataires brandissent la menace d’une rupture définitive si le processus n’est pas suspendu : « Nos textes stipulent que tout membre du réseau jouit du droit d’éligibilité. On ne peut pas nous imposer une personne par affinité en nous privant de nos droits. Si l’assemblée passe en force pour élire ce bureau, il ne sera jamais reconnu, et nos associations se retireront purement et simplement du REGAP+. »
Dossier à suivre…
Ibrahima Sory Camara pour Avenirguinee.org



