Une semaine après la publication des résultats provisoires du double scrutin par la Direction Générale des Élections (DGE) le 5 juin dernier, la contestation gagne du terrain. Ce vendredi 12 juin, le collectif de partis politiques appelé « l’équipe des sept » a animé une conférence de presse à la Maison de la presse de Conakry pour dénoncer des dysfonctionnements majeurs.
Ce collectif, composé du RPR, du MND, du NFG, de l’UNG, de l’UDIR, du NIC et de l’UPR, rejette en bloc les chiffres publiés par l’institution dirigée par Madame Djenabou Touré, les qualifiant d’« incohérents ».
Porte-parole du jour, l’homme politique Diabaty Doré a vigoureusement fustigé les données de la DGE : « (…) quelques exemples que nous vous présentons aujourd’hui démontrent l’incohérence absolue de la fiction mathématique proclamée par la DGE : Le cas de l’UDIR : Le parti est officiellement crédité de 1 001 voix sur l’ensemble du territoire national. Pourtant, à lui seul, le Procès-Verbal officiel et signé de la centralisation de Tintiouien (Kankan) attribue 2 366 voix à l’UDIR. Comment un score dans une seule localité peut-il être le double du total national officiel ?
Le cas du RPR : Crédité d’à peine 1002 voix au niveau national, alors que la seule commune urbaine de N’zérékoré donne un score réel et vérifiable de 1 711 voix en sa faveur sur PV. La simple compilation de quelques localités sécurisées par ses délégués à (Koumandou, Friguigbé, Foumbadou, Gbessia, Kouankan) cumule déjà 6 971 voix, soit près de sept fois le score national qui lui a été attribué par la DGE »
Abondant dans le même sens, le leader politique affirme que ses pairs et lui sont victimes d’irrégularités orchestrées à leur détriment, au profit de leurs adversaires : « Nos directions techniques ont relevé des faits d’une invraisemblance statistique absolue à l’échelle d’une élection nationale : des listes concurrentes se voient attribuer, dans plusieurs circonscriptions, exactement le même nombre de voix au chiffre près. Une telle symétrie est mathématiquement impossible dans un vote libre. De plus, l’écart abyssal et artificiel créé entre le dernier parti représenté crédité de plus de 65 000 voix et nos formations politiques, brutalement plafonnées autour de la barre dérisoire des 1 000 voix, démontre une volonté manifeste d’exclure nos forces politiques de la future représentation nationale et de fausser le calcul du quotient électoral national. »
Pour clore son intervention, Monsieur Doré a annoncé s’en remettre à la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, tout en posant ses exigences : « Si l’administration électorale s’avère incapable de produire les preuves de sa traçabilité, l’annulation pure et simple de cette mascarade électorale afin d’organiser un nouveau scrutin libre, consensuel et crédible. »
Sona Sylla pour Avenirguinee.org



