Réunie en conseil de session syndicale ce jeudi à la Bourse du Travail, la Fédération Syndicale Autonome des Télécommunications (FESATEL) a exprimé sa vive préoccupation face à la dégradation du secteur des télévisions et du numérique en Guinée. Restrictions sur le FTTH, fermeture des Wifi-Zones, menace sur les emplois : le syndicat tape du poing sur la table et annonce un possible préavis de grève.
Pour la FESATEL, l’heure est grave. À l’issue d’une analyse qu’elle qualifie de « rigoureuse et responsable », l’organisation syndicale a dressé un tableau sombre des dérives et blocages qui menacent l’avenir du numérique en Guinée.
Le principal point de discorde réside dans les restrictions imposées à l’exploitation du FTTH (Fiber To The Home), une technologie de fibre optique pourtant essentielle pour le déploiement du haut débit. Selon le syndicat, ce blocage freine la modernisation du pays, décourage les investissements et ralentit l’amélioration du taux de pénétration d’Internet.
« Ni les appels ne marchent, ni la connexion internet ne marche, parce qu’une seule voie est utilisée », a déploré Abdoulaye Barry, secrétaire général de la FESATEL, qui demande à l’ARPT (Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications) de décongestionner les réseaux en dissociant le trafic Internet des appels téléphoniques. Le syndicat rappelle que selon la loi L018 (articles 33, 35 et 37), les opérateurs détenteurs d’une licence globale sont pleinement autorisés à exploiter le FTTH.
L’autre dossier brûlant concerne l’interdiction des activités des Wifi-Zones, une décision qui passe très mal auprès des syndicalistes. Abdoulaye Barry défend fermement la légalité de cette activité : « Les Wifi-Zones sont des services à valeur ajoutée. Ils achètent légalement la connexion internet en payant les taxes auprès des fournisseurs d’accès internet. Nous avons les factures. En quoi cela est-il illégal ? »
S’appuyant sur les articles 57 et 58 de la loi L018, la FESATEL rappelle que ces micro-entreprises relèvent d’un simple régime déclaratif auprès de l’ARPT. Le syndicat estime que cette interdiction a brutalement plongé plus de 10 000 jeunes Guinéens dans le chômage. En revanche, le leader syndical a formellement déconseillé aux exploitants de se tourner vers Starlink, ce service n’étant pas encore officiellement reconnu en Guinée.
Face à cette crise, le Conseil Syndical National invite l’ARPT à respecter les engagements du protocole d’accord du 19 août 2021, notamment :
• L’accélération du partenariat stratégique autour d’Areeba Guinée SA avec un calendrier clair ;
• La clarification urgente de la situation de Cellcom Guinée SA ;
• La préservation des emplois et le respect strict de la législation.
La FESATEL appelle l’ensemble des travailleurs du secteur à la vigilance et à la mobilisation générale. Le ton est donné : l’organisation syndicale a annoncé qu’elle envisageait le dépôt d’un préavis de grève dans tout le secteur des télécommunications à l’issue des prochaines élections législatives et communales.
Fodé Camara pour Avenirguinee.org



