À l’approche de la fête de Tabaski, les marchés à bétail de la commune urbaine de Kindia enregistrent une hausse considérable des prix des moutons et des bœufs. Entre la rareté des animaux, les épizooties ayant décimé plusieurs troupeaux locaux et les difficultés d’approvisionnement depuis le Mali, vendeurs et acheteurs peinent à trouver un terrain d’entente.
Au marché à bétail du Caravansérail, l’ambiance est fortement marquée par l’inquiétude des citoyens face à cette flambée. Cette année, il faut débourser entre 3 000 000 et 4 000 000 GNF pour se procurer un bélier moyen ; un montant jugé excessif par de nombreuses familles déjà éprouvées par la cherté de la vie.
Interrogé ce mercredi 20 mai 2026, le président des vendeurs de bétail a dévoilé les facteurs à l’origine de cette augmentation : « Contrairement à l’année dernière où il était rare de voir un mouton atteindre les 3 millions, cette année, les prix varient entre 3 000 000, 3 500 000 et parfois jusqu’à 4 000 000 GNF. Cette hausse s’explique d’abord par les maladies qui ont frappé les troupeaux et provoqué d’importantes pertes. À cela s’ajoutent le coût élevé d’achat dans les villages, les frais de transport ainsi que les différentes taxes routières », a indiqué Mamadouba Sylla.
Selon lui, les moutons de race locale se négocient entre 3 000 000 et 4 000 000 GNF, tandis que ceux en provenance du Mali franchissent régulièrement la barre des 4 000 000 GNF. Concernant les bœufs, les prix oscillent entre 5 000 000 et 12 500 000 GNF selon la taille et l’état de graisse de l’animal.
Le responsable des vendeurs a également profité de l’occasion pour pointer du doigt la précarité des infrastructures de leur marché : « Nous faisons face à un manque criant d’eau, d’herbe pour nourrir les animaux et surtout à un sérieux problème d’espace. Avec l’installation de la saison des pluies, il devient extrêmement difficile de s’installer ici à cause de la boue et des eaux de ruissellement », a-t-il déploré.
Un autre opérateur de la filière rencontré sur place confirme que la provenance et la qualité de la bête influencent fortement la donne : « Les moutons se négocient de 1 500 000 à plus de 4 000 000 GNF selon leur gabarit. Cette année, nous avons rencontré d’énormes difficultés à cause de la situation sécuritaire au Mali. Nous nous approvisionnions massivement là-bas, mais avec le conflit, les coûts d’acquisition ont explosé », explique-t-il.
Selon ce dernier, l’affluence devrait toutefois s’accélérer dans les heures précédant la fête : « Beaucoup de clients n’ont pas d’enclos ou d’espace adéquat pour garder et nourrir les animaux chez eux jusqu’au jour J. Ils préfèrent donc attendre les dernières 48 heures pour effectuer leurs achats », ajoute-t-il.
Du côté des ménages, cette réalité sur les marchés accentue le stress budgétaire à l’approche de la célébration religieuse : « Aujourd’hui, les familles sont confrontées à une conjoncture économique très compliquée. Les prix du bétail sont exorbitants et beaucoup n’arrivent plus à suivre. Pourtant, au-delà du sacrifice, il faut aussi penser aux habits de fête des enfants, à la nourriture et aux autres dépenses annexes. C’est un véritable casse-tête. Personnellement, j’ai dû me résoudre à acheter un bœuf à 10 000 000 GNF en groupe, parce que s’offrir plusieurs moutons est devenu hors de portée », a confié Mohamed Socko, un citoyen de la localité.
De Kindia, Naby Moussa Sylla pour Avenirguinee.org



