Le secteur de Sambayah, relevant du district de Baren-Khatia, est à nouveau endeuillé. Ce lundi 20 avril 2026, aux environs de midi, une pirogue a chaviré au large, entre Sambayah et Dombelé. Le bilan fait état d’un mort et d’un rescapé. Le corps de la victime a été repêché ce mardi, après de longues heures de recherche.
Selon Alhassane Camara, président de la jeunesse de la localité, les deux jeunes revenaient de leurs champs de défrichage et tentaient de se rendre au village voisin de Dombelé pour solliciter les services d’un forgeron.
« Ils ont emprunté une pirogue, mais à un certain niveau, l’eau a commencé à envahir l’embarcation. Le premier a sauté pour se diriger vers un arbre. Le second n’a malheureusement pas pu l’atteindre et a sombré. Après des recherches intenses entamées hier, c’est finalement ce mardi à midi que son corps a été retrouvé », explique-t-il.
La victime, Ousmane Camara, était âgée de 35 ans et laisse derrière elle une veuve et trois enfants. Son enterrement est prévu ce mardi à 17h, après la prière.
Le survivant, qui se trouvait dans la même embarcation, raconte avec émotion ces derniers instants : « Nous voulions faire réparer nos coupe-coupes. À quelques mètres seulement du bord, l’eau a envahi la pirogue. J’ai sauté pour rejoindre un arbre, il a essayé de me suivre mais il était épuisé. Il m’a dit : « je suis fatigué ». J’ai tenté de le rattraper, il a même déchiré ma chemise dans sa lutte, mais il a fini par descendre au fond de l’eau. J’ai failli y rester moi aussi. »
Ce drame n’est pas un cas isolé. Pour les populations locales, ces accidents sont la conséquence directe des bouleversements causés par le barrage de Souapiti. Ce qui était autrefois un simple marigot traversable à vélo est devenu une étendue d’eau vaste et dangereuse.
« Ce n’est pas la première fois. L’année dernière, cinq personnes ont péri ici dans les mêmes conditions. Avant Souapiti, un vélo pouvait passer ici. Aujourd’hui, nous fabriquons nous-mêmes de petites pirogues de fortune pour circuler, sans aucun accompagnement technique ni matériel de sécurité. Nous demandons aux autorités de nous aider à obtenir des pirogues à moteur, car il y a trop de morts ici », lance le président de la jeunesse.
Depuis la mise en service du barrage, les cas de noyade se multiplient dans la zone, touchant jeunes, femmes et enfants. Les populations dénoncent une absence de mesures d’accompagnement de la part du gouvernement pour sécuriser la traversée entre les villages enclavés par la montée des eaux.
À suivre…
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
621 26 99 81



