Remercié le 13 janvier dernier après sept saisons sur le banc de la SAG de Siguiri, Amadou Kaïn Camara brise le silence. Invité ce dimanche chez nos confrères de Télé24, l’ancien technicien des « Jaunes et Noirs » est revenu avec amertume sur les coulisses de son départ, évoquant des ingérences et un manque de moyens flagrant lors de la phase aller.
Arrivé lors de la saison 2019-2020, Kaïn Camara a quitté ses fonctions après un début de saison 2025-2026 catastrophique, laissant le club à la dernière place de la Ligue 1 Guicopres (7 points en 13 matchs). Cependant, selon ses explications, les raisons de cet échec sont loin d’être uniquement sportives.
D’entrée de jeu, le technicien a déploré les conditions de travail précaires durant la première moitié du championnat : « J’ai commencé le championnat avec seulement 19 joueurs qualifiés, dont un seul gardien de but. Sur ces 19 joueurs, j’ai dû composer avec 9 blessés. L’entourage du club — je ne citerai pas de noms — ne voulait plus que je continue. Certains joueurs que j’avais ciblés recevaient des appels de personnes internes leur disant de ne pas venir. J’ai compris qu’ils voulaient ma tête », a-t-il martelé.
Poursuivant ses révélations, l’ancien coach explique que le point de rupture a été atteint lors du mercato hivernal, lorsqu’il a fallu dégraisser l’effectif : « On m’a demandé de faire une liste des joueurs dont je n’avais plus besoin. C’est là que le problème a surgi. J’ai mis sur la liste des joueurs inaptes, qui étaient payés par le club mais ne jouaient jamais pour cause de maladie. La direction voulait que je libère des joueurs sains pour garder ces « intouchables ». J’ai refusé. En touchant à ces personnes, j’ai signé mon arrêt de mort sportif. L’équipe est gérée par un petit noyau », regrette-t-il.
Le coach Kaïn est également revenu sur la manière dont son contrat a été suspendu, pointant du doigt un manque de communication entre le président et son entourage : « Le président m’a appelé pour me dire qu’il avait reçu ma lettre de démission, alors que je ne lui en avais jamais envoyé. C’était un message de fatigue adressé à son entourage en décembre. Ils ont attendu le 13 janvier, après que j’ai fini de préparer l’équipe et de voir 12 nouveaux joueurs intégrer le groupe, pour me notifier mon « congé » ».
Enfin, sur le plan financier, le technicien déplore un départ inachevé : « Ils m’ont payé le mois de décembre, mais les 13 jours de travail effectués en janvier n’ont jamais été réglés. Je n’ai rien réclamé, j’ai simplement quitté le club. »
Après sept années de sacrifices pour le club de la ville de l’or, Amadou Kaïn Camara tourne une page majeure de sa carrière, non sans laisser un goût d’inachevé et de nombreuses questions sur la gestion interne de la SAG.
Alsény Savané pour avenirguinee.org
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