Dans la commune urbaine de Kindia, le pont reliant les quartiers Kenendé et Abattoir 3 se trouve aujourd’hui dans un état de dégradation très avancé. Jadis axe stratégique pour la mobilité locale, cet ouvrage est désormais perçu par les riverains comme un véritable danger public. Notre correspondant local s’est rendu sur les lieux pour constater l’ampleur des dégâts.
Situé sur un axe névralgique, ce pont est le point de passage quotidien de centaines d’élèves, de commerçants et d’engins roulants. Cependant, le constat actuel est alarmant : fissures béantes, béton effrité et structures inférieures lourdement endommagées. L’érosion, accentuée par les eaux de ruissellement, fragilise chaque jour un peu plus les abords de l’infrastructure.
Rencontré sur place, Youssouf Sylla, chef de quartier d’Abattoir 3, ne cache pas son inquiétude à l’approche des grandes pluies :
« Le pont peut céder à tout moment. Nous lançons un appel solennel aux autorités de Kindia et aux personnes de bonne volonté. Les engins lourds ne devraient plus passer ici, c’est trop risqué. Bientôt, avec la saison pluvieuse, nos enfants ne pourront plus se rendre au lycée de Kenendé. C’est leur seul passage. »
Même son de cloche du côté des transporteurs. Alimou Diallo, membre du bureau communal de la CNTG à Kindia, exprime son exaspération : « Cette situation nous dépasse. C’est l’un des axes les plus fréquentés, mais aussi l’un des plus négligés. Les embouteillages se multiplient car le passage est devenu impraticable. Nous demandons une action urgente avant que le trafic ne soit totalement coupé. »
Pour les conducteurs de taxi-motos, la traversée est devenue une loterie macabre. « Les plaques bougent parfois sous nos roues. Nous demandons au président Mamadi Doumbouya de nous venir en aide avant qu’un drame ne survienne », alerte Ibrahima Camara, conducteur de moto-taxi.
Le chef de quartier de Kenendé, Fodé Sylla, affirme avoir alerté la municipalité à plusieurs reprises, sans succès : « Nous avons posé ce problème à la mairie à maintes reprises, mais c’est resté sans suite. Nous renouvelons notre appel pour des mesures concrètes. »
Au-delà de l’aspect sécuritaire, c’est toute l’économie locale et la scolarité des enfants qui sont menacées. « Aidez-nous à réparer ce pont avant les examens, s’il vous plaît », lance une collégienne, consciente que l’effondrement de l’ouvrage l’isolerait de son centre d’examen.
En attendant une réaction des autorités préfectorales ou communales, les habitants de Kenendé et d’Abattoir 3 continuent de braver le danger, la peur au ventre, sur ce qui est devenu le « point noir » de la circulation à Kindia.

Depuis Kindia, Naby Moussa Sylla pour Avenirguinee.org
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