BOKÉ – Plusieurs jeunes et femmes ont manifesté tôt ce vendredi 3 avril 2026 dans l’enceinte de la préfecture de Boké. Leur objectif : protester contre la candidature d’anciens maires et de cadres aux prochaines élections communales et législatives.
Venus des différents quartiers de la commune urbaine, les manifestants, majoritairement vêtus de rouge et munis de pancartes, ont exprimé leur mécontentement à travers des slogans explicites : « Nous voulons des candidats jeunes », « Nous ne voulons plus des vieux » ou encore « Trop c’est trop, Boké mérite mieux ».
Pour Abdourrahmane Keïta, alias « Salam », la jeunesse dispose du potentiel nécessaire pour contribuer au développement de la ville, mais se heurte systématiquement au refus des anciens dirigeants de céder la place.
« Certains sont restés plus de 20 ans à la tête de la mairie sans résultats probants. Nous avons un président jeune, alors pourquoi ne pas confier la mairie de Boké à des jeunes ? Nous voulons des députés et des maires issus de notre génération », a-t-il déclaré avec fermeté.
Les manifestants dénoncent également des pratiques opaques dans le processus de sélection des candidats et exigent l’invalidation des dossiers des anciens responsables. Selon eux, l’avenir de Boké doit être confié à une nouvelle équipe capable d’impulser des réformes et d’apporter des idées novatrices.
Même son de cloche du côté de Ramatoulaye Camara. Cette manifestante pointe du doigt la mauvaise gouvernance comme principale cause du retard de la ville et du chômage endémique.
« Nous avons des diplômes, mais pas d’emplois. Nos parents souffrent dans les marchés pendant que certains ne pensent qu’à leurs propres familles. Le changement ne peut venir que par les jeunes », a-t-elle martelé.
Sur place, des discussions ont été engagées entre les représentants des manifestants et les autorités préfectorales, dans l’espoir de trouver une issue apaisée à cette crise.
Reste désormais à savoir si ces revendications seront prises en compte par les autorités compétentes, à l’approche des échéances électorales prévues pour le 24 mai prochain.
Par Fatoumata Baïlaou Baldé



