C’est un véritable coup de tonnerre dans le paysage politique guinéen. Par un arrêté publié ce vendredi 6 mars 2026, le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a décidé de la dissolution de 40 partis politiques. Parmi eux, le Rassemblement pour le Développement Intégré de la Guinée (RDIG).
Joint par notre rédaction ce samedi, son président, l’honorable Jean Marc Telliano, exprime sa stupéfaction.
« J’ai été surpris au même titre que vous. Mais moi, je pense que ça doit être une erreur parce que l’erreur est impersonnelle, chacun peut en faire une. Sinon, tout le monde connaît le RDIG en Guinée », a-t-il déclaré d’emblée.
L’ancien ministre rappelle la présence constante de sa formation sur l’échiquier électoral, justifiant son unique absence lors du dernier scrutin : « Le RDIG a participé à toutes les consultations électorales, excepté les élections du 28 décembre 2025, dont le gagnant était déjà connu. Je ne me suis pas attardé à mouiller le maillot pour fatiguer mes militants. En conseil politique, ils ont demandé de se retenir. »
Ce qui froisse particulièrement Jean Marc Telliano, c’est la contradiction entre cette dissolution et les récents documents officiels délivrés par le MATD. Il affirme avoir rempli toutes les exigences légales : siège social, représentations nationales, tenue de congrès et transparence patrimoniale.
« On ne peut pas me délivrer le certificat d’aptitude d’exercer mes activités politiques il y a moins de 5 mois et dissoudre ce parti aujourd’hui », fustige-t-il, précisant avoir reçu une lettre d’invitation du ministre lui-même pour récupérer ledit certificat après une évaluation rigoureuse.
L’honorable Telliano martèle son attachement à la légalité : « J’ai été ministre, j’ai été législateur. Je sais que la loi est faite par nous, mais aussi contre nous. Nous avons l’obligation de la respecter, et c’est ce que j’ai fait à la lettre. »
Face à ce qu’il qualifie d’injustice, le leader du RDIG ne compte pas rester les bras croisés. Il pointe du doigt une forme de « deux poids, deux mesures » dans le traitement des formations politiques.
« Je vois beaucoup de partis qui ne sont pas dissous, qui ont leur siège dans leur portefeuille et qui n’ont participé à aucune élection. J’en connais plus que la moitié qui sont épargnés. Pourquoi nous ? » s’interroge-t-il.
Pour se faire entendre, il annonce qu’un courrier sera adressé au Ministre de l’Administration du Territoire pour obtenir des clarifications. « nous allons utiliser tous les moyens de recours pour que le RDIG soit rétabli dans ses droits »
Ibrahima Sory Camara Pour avenirguinee.org
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