L’article intitulé «Morissanda, l’homme qui parle trop et dit si peu», signé par Tibou Kamara, se veut un réquisitoire. Il n’est en réalité qu’un pamphlet nourri d’animosité, d’allégations sans preuves et d’attaques ad hominem. À défaut d’arguments solides, l’auteur convoque l’ironie, l’insinuation et l’invective. Mais la calomnie, aussi bien écrite soit-elle, ne se substitue jamais à la vérité.
Le Dr Morissanda Kouyaté n’est ni un homme qui « parle trop », ni un homme qui « dit si peu ». Il est un ministre qui assume, qui explique, qui éclaire. Dans un contexte diplomatique complexe, marqué par les enjeux de transition et de repositionnement stratégique de la Guinée, le silence ne serait pas de l’or : il serait une fuite. Parler, rendre compte, défendre les choix de l’État, c’est respecter le peuple.
Accuser sans produire la moindre décision de justice, sans rapport officiel rendu public, sans pièce authentifiée, relève non du journalisme d’investigation mais du tribunal médiatique. Les insinuations sur le projet de rénovation de l’hôpital Donka reposent sur des récits recyclés, jamais établis par une juridiction compétente. Dans un État de droit, la présomption d’innocence n’est pas une option.
Quant au prétendu discrédit du «prix Nelson Mandela», il est pour le moins hasardeux d’en minimiser la portée symbolique. Le nom de Nelson Mandela incarne un combat universel pour la dignité humaine. Associer le Dr Morissanda Kouyaté à une cause telle que la lutte contre les mutilations génitales féminines n’est ni une imposture ni une anecdote : c’est un engagement concret, reconnu à l’international. Comparer cette distinction au prix Nobel de la paix attribué à Denis Mukwege ne retire rien à la valeur du combat mené. Les causes ne se hiérarchisent pas ; elles se défendent.
Sur le terrain diplomatique, les faits sont têtus. Sous l’autorité du Président Mamadi Doumbouya, la Guinée a consolidé sa présence dans les forums internationaux, restauré des partenariats stratégiques et engagé une diplomatie qualifiée d’humaine et pragmatique. Le ministre des Affaires étrangères en est l’un des artisans visibles. On peut débattre des orientations, mais nier l’engagement relève du déni.
Qualifier un homme public de « traître » ou de « bourreau » sans jugement ni preuve dépasse la critique politique : cela frôle la diffamation. La démocratie accepte la contradiction ; elle rejette l’acharnement.
Il est aisé d’attaquer ceux qui servent au premier rang. Il est plus difficile de reconnaître que la transition guinéenne exige courage, constance et responsabilité. Le Dr Morissanda Kouyaté peut déranger par sa franchise, mais déranger n’est pas trahir. Défendre l’image de la Guinée à l’extérieur, porter la voix de ses compatriotes, protéger les intérêts nationaux : voilà des actes, non des slogans.
La République mérite mieux que des règlements de comptes littéraires. Elle mérite un débat d’idées, nourri de faits, respectueux des institutions et des hommes.
La vérité, elle, ne s’étouffe pas sous les sarcasmes. Elle finit toujours par s’imposer.
Billy Keita par La tribune du GMD-Droit de réponse à Tibou Kamara.



