Le corps sans vie d’un jeune homme a été découvert ce mardi matin au marché Avaria Raille, dans le quartier Loppé 1 de Mamou. Cette découverte a plongé les habitants et les commerçants dans une profonde consternation.
La victime, un trentenaire bien connu localement sous le nom de Baldé Koïn, a été retrouvée gisant sur le sol. Kèlèti Bamba, membre du conseil de quartier de Loppé 1, a été le premier alerté. Il livre un témoignage poignant sur les circonstances de cette découverte tragique.
Interrogé sur les lieux, Kèlèti Bamba revient sur le fil des événements : « Ce matin, vers 8 heures, une citoyenne nommée Mbalou est venue me trouver en urgence. Elle m’a dit : « Monsieur Bamba, notre voisin Baldé Koïn est dans un état inquiétant, venez voir. » Je l’ai aussitôt suivie. Malheureusement, il venait à peine de rendre l’âme. »
Face à cette situation, l’élu local a immédiatement entrepris les démarches administratives : « J’ai informé la protection civile, le commissariat central, puis, avec l’aval de mon président de conseil de quartier, je me suis dirigé vers le procureur de la République. Les autorités ont réagi rapidement : une ambulance est venue récupérer le corps pour le transporter à l’hôpital régional de Mamou afin d’y pratiquer une autopsie. »
Au-delà du drame, Kèlèti Bamba a tenu à rendre hommage à la personnalité du défunt, rejetant les étiquettes réductrices : « Tout Mamou le connaissait. C’était un jeune homme bon. Certains disaient qu’il était « dérangé », mais pour nous, il ne l’était pas. Il rendait d’immenses services aux femmes du marché Avaria en réparant les parasols et les parapluies. Il vendait aussi des cure-dents. »
Originaire de Tougué et âgé d’environ 32 ou 33 ans, le défunt a suscité une forte mobilisation. Les ressortissants de sa région d’origine présents à Mamou se sont immédiatement joints aux autorités de quartier pour organiser les obsèques. Une équipe a déjà été constituée pour préparer le linceul et creuser la tombe, en attendant la remise du corps par les autorités sanitaires.
Ce drame n’est malheureusement pas une première dans le secteur. Kèlèti Bamba se souvient d’un cas similaire, celui d’un jeune nommé Sac Bamba, décédé dans des circonstances identiques.
L’élu a profité de cette tribune pour lancer un message de sensibilisation : « Quand vous avez un proche dans cet état de vulnérabilité, il ne faut pas attendre qu’un drame arrive pour regretter. Il faut les approcher et les soutenir pendant qu’ils sont encore en vie. Pour ce cas précis, bien que l’autopsie soit en cours, je penche pour une mort naturelle. Que son âme repose en paix. »
Le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Mamou, Maurice Onivogui, a promis d’apporter des précisions sur cette affaire au plus tard ce mercredi 25 février (ou demain mercredi 26 février selon le calendrier). Les conclusions de l’autopsie seront déterminantes pour confirmer s’il s’agit d’une mort naturelle ou d’une cause suspecte.
Ce drame rappelle cruellement la précarité et la fragilité de la vie pour certains citoyens dans les quartiers populaires de Mamou.
Ibrahima Kindia Soumah pour Avenirguinee.org



