Malgré l’adoption de la nouvelle Constitution le 21 septembre dernier , laquelle garantit la gratuité de l’enseignement, l’accès obligatoire à l’école dès l’âge de cinq ans et le maintien des élèves dans le système éducatif — le constat sur le terrain reste alarmant. Les enfants sont de plus en plus présents sur la chaussée et dans les marchés, plutôt que sur les bancs de l’école ou dans les centres d’apprentissage.
Face à ce phénomène, la rédaction d’Avenirguinee a tendu son micro à M. Mamadou Oury Bah, président de l’ONG « Même Droit pour les Enfants », afin de recueillir son analyse.
« Il faut savoir que la question des enfants est devenue très préoccupante, que ce soit dans les marchés ou sur la chaussée », a-t-il déclaré d’emblée. Selon ce militant des droits de l’enfant, la simple scolarisation ne suffit pas à garantir un avenir si elle n’est pas accompagnée d’un suivi rigoureux.
« En tant qu’activistes de la société civile, nous avons mené une enquête en 2024 sur ce sujet, notamment dans les marchés de Sonfonia. La plupart de ces enfants étaient bien scolarisés. Le défi reste : comment les maintenir en classe ? 90 % de ces enfants sont issus de familles d’adoption et servent de soutien financier à celles-ci. Il ne suffit pas de les scolariser, il faut les suivre. »
Pour M. Bah, les juridictions compétentes négligent une couche sociale pourtant essentielle à l’avenir de la nation. Il déplore un manque de réaction des autorités face aux données collectées sur le terrain.
« Il existe des lois et nous demandons à ce qu’elles soient appliquées. Normalement, après la publication de notre enquête, l’État aurait dû se rapprocher de nous pour obtenir le rapport, afin d’identifier les enfants concernés et les assister moralement et financièrement. Puisque cela n’a pas été fait, on constate une banalisation des textes législatifs concernant cette couche vulnérable », regrette-t-il.
Il convient de noter que ce phénomène s’accentue particulièrement durant la période des vacances scolaires, moment où de nombreux enfants travaillent pour préparer la rentrée prochaine.
Sona Sylla pour Avenirguinee



