La commune rurale de Sinta, située dans la préfecture de Télimélé, traverse une crise structurelle profonde. Entre absence d’infrastructures de base, enclavement total et montée de l’insécurité, le président de la Délégation spéciale (PDS), Abdoulaye Bah, lance un appel pressant aux autorités de la transition et aux partenaires au développement.
Située à seulement 35 kilomètres du chef-lieu de la préfecture, Sinta souffre paradoxalement de sa proximité avec les grands projets nationaux. Selon le PDS, l’enclavement est le premier frein au développement.
« Notre commune est pratiquement enclavée sur la route nationale Dubréka-Télimélé. Dès que l’on dépasse le pont du barrage hydroélectrique de Souapiti, c’est le calvaire total. Pendant l’hivernage, certaines zones sont coupées du reste de la préfecture », déplore Abdoulaye Bah.
Cette situation paralyse l’évacuation des malades, le transport des produits agricoles et l’accès des élèves aux établissements scolaires.
Au-delà des routes, l’accès aux besoins vitaux reste un défi quotidien. Les populations parcourent de longues distances pour s’approvisionner en eau à des sources non protégées, s’exposant à de graves risques sanitaires.
« Nous avons un sérieux problème d’eau potable par manque de forages. Nous n’avons pas non plus d’électricité », souligne le PDS, qui plaide pour l’installation de panneaux solaires à défaut d’un raccordement au réseau national. Les structures sanitaires, quant à elles, manquent cruellement d’équipements et de personnel qualifié.
Le tableau s’assombrit avec une recrudescence de la criminalité dans la zone, particulièrement autour des sites impactés par le barrage de Souapiti.
« Il y a des cas de séquestration, de viol et même de meurtre. Ce sont surtout les populations impactées par le barrage qui en souffrent. Nous sollicitons l’assistance des autorités compétentes pour des mesures fortes », alerte le responsable communal.
Face à ce cumul de difficultés, Abdoulaye Bah insiste : « Les populations de Sinta ne demandent que le minimum pour vivre dignement. » Il appelle l’État et les partenaires financiers à intervenir d’urgence sur les pistes rurales, les forages et la sécurité pour que Sinta ne soit plus la « oubliée » du développement.
De retour de Sinta, Naby Moussa Sylla pour Avenirguinee.org



