Alors que les opérations de déguerpissement provoquent souvent des tensions dans la capitale, la commune de Ratoma semble faire exception. Entre dialogue social, assainissement nocturne et solutions de relocalisation, le Président de la Délégation Spéciale, Ahmed Sékou Traoré, livre les secrets de sa méthode pour préserver la paix sociale.
Le dialogue à la base comme « boussole »
Contrairement à d’autres zones de Conakry où la colère des marchandes a éclaté, une relative sérénité règne à Ratoma. Pour Ahmed Sékou Traoré, cette réussite n’est pas le fruit du hasard mais d’une stratégie inspirée des orientations nationales.
« Nous utilisons l’orientation du Président comme boussole. Il nous a demandé d’être des innovateurs et de privilégier le dialogue à la base. Nous tenons compte de l’avis de nos citoyens avant d’agir », explique-t-il d’entrée de jeu.
L’une des particularités de la méthode Ratoma réside dans le choix du moment de l’intervention. Pour éviter les confrontations directes et l’exposition publique des citoyens, la mairie a privilégié les opérations de nuit.
Cette démarche s’accompagne d’un effort immédiat de mise au propre des sites libérés.
« Quand on déguerpit, on assainit correctement. L’assainissement est devenu un véritable levier d’échange. Cela a permis de fédérer toutes les forces vives : PME, entreprises privées, autorités locales et populations », précise le PDS.
Conscient de l’impact économique sur les ménages, Ahmed Sékou Traoré mise sur le pragmatisme plutôt que sur la seule répression. Deux axes majeurs ont été déployés :
• La construction du marché de Kaporo Rail : Un espace dédié pour accueillir les femmes déplacées.
• L’identification des places vides : Un recensement préalable des boutiques et tables disponibles dans les marchés existants pour orienter les vendeuses.
Le maire se positionne ainsi comme un médiateur : « Allez dans les marchés, voyez les administrateurs. Si vous avez des problèmes, le maire est votre avocat. Je suis le mieux indiqué pour défendre votre cause sur le territoire », a-t-il dit pour rassurer ses citoyens.
La priorité au dialogue avant la sanction
Tout n’est pas sans embûches dans cette gestion urbaine complexe, mais la philosophie de la Délégation Spéciale reste la même.
« Ce n’est pas facile, tout n’est pas rose. Nous rencontrons des difficultés, mais nous instaurons systématiquement le dialogue avant la sanction ou la répression. Pour nous, la force est un outil secondaire », a-t-il laissé entendre.
Sona Sylla pour Avenirguinee.org



