Depuis près d’un an, le paysage politique guinéen est marqué par une restriction des activités des grandes formations comme l’UFDG, l’UFR et le RPG Arc-en-ciel. Pour Aboubacar Soumah, coordinateur de l’Alliance des Forces Patriotiques (AFP), cette situation appauvrit le débat démocratique.
Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction ce samedi 21 février 2026, il appelle à une ouverture immédiate.
Face au micro de notre reporter, le leader de l’AFP a exprimé son désaccord avec la tendance actuelle visant à limiter le nombre d’acteurs politiques sur le terrain. Pour lui, la pluralité est un gage de construction nationale.
« Moi, je pense que, contrairement à ce que beaucoup veulent, il faut ouvrir l’espace politique en Guinée. La diversité d’opinions ne détruit pas, au contraire, elle construit. Il ne faut pas vouloir réduire cet espace politique à deux partis ou à un seul parti, moi je ne trouve pas ça normal. »
Aboubacar Soumah déconstruit également l’argument souvent utilisé citant le modèle américain : « Contrairement à ce qu’on vous fait croire, aux États-Unis, il n’y a pas que deux partis, c’est archi faux. Il y a deux tendances idéologiques dominantes, mais il n’y a pas que deux partis. Il y en a près de 100 ou 200. Il faut ouvrir, il ne faut pas fermer. »
Revenant sur l’origine des tensions politiques en Guinée, le coordinateur de l’AFP pointe du doigt la responsabilité de certains acteurs dans la création des partis à forte coloration ethnique au début des années 90.
« C’est parce que tout simplement, en 1990-1992, les partis ethniques ont été créés. Et ceux qui défendent [la réduction de l’espace] aujourd’hui, ce sont eux qui ont créé ces partis ethniques hier. S’ils tirent des leçons de ce qu’ils ont causé au pays pendant ces 30 dernières années, ils doivent se rectifier au lieu de réduire l’espace politique. »
Loin de craindre la concurrence, Aboubacar Soumah réclame le retour des grandes coalitions pour une compétition électorale crédible et vigoureuse. Il souligne notamment l’évolution du parti d’Alpha Condé : « Le RPG a changé de physionomie depuis l’élection de 2010. Ce n’est plus le RPG seul, c’est le RPG Arc-en-ciel, une entité où tous les Guinéens se sont retrouvés. Il faut peut-être restaurer ou renouveler, mais il ne faut pas vouloir détruire les partis politiques. »
Pour conclure, le leader de l’AFP fustige la présence de partis « satellites » qu’il juge incapables de représenter réellement la population :
« Je veux une scène politique où la compétition est rude, mais sur le plan pacifique et fraternel. Il ne faut pas réduire l’espace politique à un certain nombre de partis satellites qui n’ont pas de représentants à l’intérieur du pays. Aujourd’hui, sans l’UFR, sans le RPG et sans l’UFDG, les autres partis qui sont là ne peuvent rien apporter au pays. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
621 26 99 81



