CONAKRY – Dans le but de sécuriser le panier de la ménagère et de garantir un approvisionnement continu durant la période du Ramadan, qui coïncide avec le Carême chrétien, le gouvernement guinéen a scellé un accord stratégique. Ce lundi 16 février 2026, la Direction Nationale du Commerce Intérieur et de la Concurrence (DNCIC), la Direction Générale des Douanes et la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée (CCIAG) ont signé un protocole portant sur la fixation des prix des denrées de première nécessité jusqu’au mois de juin prochain.
Dès le lendemain de la signature, ce mardi 17 février, les autorités de la CCIAG et les cadres du ministère du Commerce ont rencontré les présidents communaux de la Chambre à Conakry. L’objectif de cette réunion était d’expliquer les nouvelles mesures aux commerçants ainsi qu’à la population guinéenne.
À cette occasion, le Directeur National du commerce intérieur et de la concurrence, Mohamed Traoré, a annoncé un renforcement des contrôles et des sanctions contre les contrevenants.
« Nous sommes dans la réforme de nos textes, car la loi qui encadre notre marché date de 1994. Vous conviendrez que des sanctions allant de 300 000 à 10 millions de francs guinéens ne sont plus contraignantes pour un opérateur économique aujourd’hui. Nous irons vers des réformes courageuses : retrait d’avantages, retrait de licences d’exercice, ou pénalités pouvant faire tomber votre capital. Appliquer une amende de 15, 20 ou 30 % du chiffre d’affaires fera réfléchir à deux fois. »
Il a également insisté sur la vigilance des agents : « Un marché contrôlé ne doit souffrir d’aucune complaisance. Dès qu’un lieu de commerce ne pratiquant pas ces prix sera identifié, il sera fermé. Nous évaluerons le préjudice et fixerons des pénalités exemplaires. »
Le Directeur a invité les citoyens à être les premiers acteurs de cette régulation : « Ces prix plafonds viennent protéger le consommateur. Dès lors qu’un prix est appliqué ne serait-ce que 100 francs au-dessus des tarifs indiqués, c’est une infraction. Nous invitons la population à nous saisir via le numéro vert 142 pour régulariser ces lieux de vente. »
Le Directeur a précisé que les prix varient selon les préfectures pour intégrer les coûts de transport : « On ne peut pas s’attendre au même prix à Conakry qu’à Kindia, Labé ou N’Zérékoré. Nous avons donc plafonné les prix pour chaque préfecture. »
Extraits des prix plafonds à Conakry :
- Riz étuvé (5% brisure – 50 kg) : 280 000 GNF
- Riz blanc (25% brisure – 50 kg) : 260 000 GNF
- Riz étuvé (5% brisure – 25 kg) : 140 000 GNF
- Sucre (50 kg) : 350 000 GNF
- Farine (50 kg) : 360 000 GNF
- Huile végétale (20 litres) : 305 000 GNF
- Oignon (25 kg) : 270 000 GNF
- Lait en poudre (25 kg) : 980 000 GNF
- Poulet entier (carton 10 kg) : 310 000 GNF
- Cuisses de poulet (carton 10 kg) : 220 000 GNF
Plafonds pour le sac de riz (50 kg) à l’intérieur du pays : Les prix ne doivent pas excéder : 285 500 GNF à Coyah et Dubréka ; 289 500 à Kindia ; 296 000 à Mamou ; 305 000 à Labé ; 306 000 à Kankan ; 314 500 à N’Zérékoré ; 304 000 à Kissidougou ; 327 500 à Koundara (prix maximum).
« Personne ne doit fixer un prix au-dessus de ces prix par rapport au riz 50 kg en fonction de sa préfecture », a conclu le Directeur.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



