Près de 24h après la nomination de Cellou Baldé au poste du Ministre des sports, le Président du Comité National Olympique et Sportif Guinéen (CNOSG), Elhadj Ben Daouda Nassoko, s’est exprimé ce mardi au micro d’avenirguinee.org.
D’entrée de jeu, il a tenu à féliciter le nouveau promu tout en soulignant l’urgence de la situation : « D’abord, nous adressons nos vives félicitations à Monsieur Cellou Baldé, nommé à cette fonction de ministre de la Jeunesse et des Sports dans un contexte où on a besoin de beaucoup d’amélioration de la situation du sport en Guinée. En tant que premier représentant du mouvement sportif, nous saluons avec un grand espoir l’arrivée de ce nouveau ministre avec lequel nous pensons que nous aurons des échanges fructueux pour améliorer les conditions de vie des acteurs, la situation des infrastructures qui sont là, dans lesquelles on ne fait que tourner en rond malgré tout l’effort que l’État fournit dans ce sens. »
Le débat sur le profil : « On a besoin d’un bon manager »
Alors que certains observateurs estiment que Cellou Baldé n’est pas le choix idéal, le Président du CNOSG s’inscrit en faux contre ces analyses. Pour lui, la réussite ne dépend pas du passé d’athlète, mais de la capacité de gestion : « Vous savez, l’histoire de la gouvernance de la vie des États, beaucoup d’expériences ont été mises à l’épreuve. On a compris qu’une gouvernance technocrate n’est pas obligatoirement indiquée pour une réussite dans un domaine déterminé. De l’exemple de la Guinée, nous avons eu Titi Camara, Lansana Béa Diallo… Mais on a vu que la gestion n’a pas été à la hauteur par rapport à certains qui n’ont pas du tout fait de sport depuis l’indépendance et qui ont fait le progrès de ce pays-là dans le domaine du sport », dit-il.
Le sportif, dans son analyse, a ajouté avec conviction : « Je m’inscris déjà à l’opposé de ceux qui pensent que M. Cellou ne peut pas réussir parce qu’il n’a vraiment pas été footballeur. C’est un enfant de Dixinn. Nous avons besoin d’un manager qui est à l’écoute du mouvement sportif, qui échange avec les acteurs, cherche à connaître leurs problèmes et se bat pour trouver des solutions. Il ne doit pas venir pour ne s’occuper que du football ou se transformer en « connaisseur de tout ». »
Des priorités transversales et urgentes
Interrogé sur les dossiers prioritaires, Elhadj Ben Daouda Nassoko refuse de hiérarchiser les urgences, estimant que le chantier est global :
« Il n’y a pas une question de priorité. C’est une situation macro. Ce n’est pas comme une boutique libanaise où tu finis ça, puis tu attaques ça. Non, il doit agir d’une manière transversale, le tout à la fois. Les infrastructures relèvent de lui, tout comme les fédérations sportives qui doivent participer aux compétitions. Tout est prioritaire en Guinée. »
Un appel à protéger les institutions sportives
Inquiet pour l’avenir des instances, le Président du Comité Olympique a lancé un message au nouveau ministre pour éviter la disparition de structures clés : « Le mouvement sportif guinéen ne fait que subir. Pour que ça cesse, il faut un manager capable de mettre une harmonie entre les différentes instances. Il y a des décisions qui risquent de faire disparaître le Comité national olympique, qui est l’interface entre l’État et le CIO. Si vous détruisez le peu qui est là, nous allons être où ? Nous allons être dans la rue pour travailler ou pour recevoir les personnalités à travers le monde ? »
Alsény Savané pour avenirguinee.org
625-21-04-05



