Depuis quelques jours, le visage du Grand Conakry change radicalement. Les autorités guinéennes ont lancé une vaste opération de déguerpissement le long des grandes artères, visant à libérer les emprises de la chaussée et à fluidifier une circulation autrefois asphyxiée.
Le changement est spectaculaire au rond-point de Matoto. Habituellement congestionné par les étals, l’espace est désormais totalement dégagé. Pour Mamadou Saliou Diallo, un usager de la route rencontré sur place, c’est un soulagement :
« On passait parfois des heures ici à cause de l’anarchie. Je salue cette opération, car la route est faite pour circuler, pas pour vendre. Aujourd’hui, on respire enfin ! », confie-t-il avec enthousiasme.
Enco5 : Entre fluidité retrouvée et détresse sociale

Le constat est encore plus frappant au carrefour Enco5. Ce point névralgique est devenu méconnaissable depuis que les étalagistes et les marchandes ont été déguerpis. Cependant, derrière la fluidité routière se cache une réalité sociale difficile pour certains.
C’est le cas de M’mah Camara, une veuve qui vendait des condiments au bord de la chaussée depuis plusieurs années pour subvenir aux besoins de ses enfants :
« Ma place a été détruite et je suis très inquiète. C’est ici que je gagnais de quoi nourrir ma famille et payer l’école. On soutient l’ordre, mais nous demandons aux autorités de nous trouver des solutions à l’intérieur des marchés pour que nous puissions continuer à vivre », plaide-t-elle, les larmes aux yeux.
Un défi de pérennisation
Si l’opération est une réussite technique pour la mobilité urbaine, le défi pour les autorités sera désormais de maintenir ces espaces libérés tout en gérant l’impact social pour les petits commerçants. De nombreux citoyens appellent les dirigeants à faire occuper les espaces libérés, au risque d’un retour de ces occupants.

Fodé Camara pour Avenirguinee.org



