Dans la soirée de ce jeudi 22 janvier 2026, conformément à la loi, le gouvernement dirigé jusqu’ici par Bah Oury a démissionné de ses fonctions. Cette démission intervient quelques jours seulement après l’investiture du président élu, Mamadi Doumbouya. Depuis cette annonce, la question du futur Premier ministre alimente les débats au sein de l’opinion publique et de la classe politique.
Interrogé par notre rédaction ce vendredi 23 janvier 2026, l’honorable Cheick Traoré a donné sa lecture de la situation et a clairement exprimé sa préférence pour la nomination d’un militaire de haut rang à la tête du prochain gouvernement.
Selon lui : « Un gouvernement de résultats, composé de techniciens et de technocrates, à la tête de quel gouvernement se trouverait un premier ministre du gouvernement militaire. Un militaire chevronné, qui n’a pas le complexe intellectuel devant la classe politique, qui n’a pas d’ambition politique, rien que par le fait de son choix de militaire, ce qui ne va pas biaiser la cohabitation entre un premier ministre politique et le président de la République, qui est primopolitique, parce que jusque-là, il était militaire. Je pense que jusqu’à ce que les acquis de la refondation soient rendus irréversibles, de mon point de vue, il faut un premier ministre militaire, intellectuellement bien assis, qui a des bases économiques, qui a une bonne lecture politique », dit-il.
Poursuivant son analyse, l’ex député insiste sur la spécificité du profil militaire dans la conduite de l’action gouvernementale : « Donc pour moi le premier qui viendra doit être un premier ministre militaire. Parce que la façon dont un militaire perçoit les instructions d’un président de la République, ce n’est pas de la même façon qu’un premier ministre technocrate tout court, un premier ministre technocrate doublé d’un politique ferait. Pour le premier ministre technocrate doublé d’un politique, c’est le président de la République et le chef d’une mouvance politique qui lui parle. Pour le premier ministre militaire, en plus de ces deux critères que je viens de citer, c’est le plus gradé de l’armée guinéenne qui lui parle, c’est le ministre de la Défense nationale qui lui parle, parce qu’il ne faut jamais oublier que le ministre de la Défense est toujours un ministre délégué, c’est le commandant en chef des forces armées qui lui parle. Donc il a une obligation des résultats, des rigueurs. Le président a dit dans son discours de prise après l’annonce des résultats définitifs que 2026 serait une année de travail et de rigueur. Un militaire de carrière est stratège. Il a de la rigueur dans son travail et c’est quelqu’un qui a la possibilité de gérer des situations compliquées, parce qu’on va rentrer maintenant dans une situation où il y aura beaucoup d’intérêts partisans, beaucoup d’intérêts de plusieurs sources, donc il faut un homme qui ait une position holistique qui n’a pas de parti pris dans le débat qui va naître. Donc il sera tout simplement au service de la République pour le compte du président de la République. »
Cette sortie de l’honorable Cheick Traoré vient ainsi relancer le débat sur le profil du futur chef du gouvernement, à un moment clé de la nouvelle ère politique ouverte par l’investiture du président Mamadi Doumbouya.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



