Ce mercredi 14 janvier 2026, les responsables de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE-Guinée) ont organisé à Conakry un atelier de partage, d’appropriation et de validation du rapport annuel 2023.
Cette rencontre a réuni plusieurs acteurs venus de différentes régions du pays, notamment des représentants de la société civile, afin de leur permettre de prendre connaissance du contenu du rapport et de contribuer à sa relecture.
À l’issue des travaux, le facilitateur de l’atelier, Abdoulaye Soumah, est revenu sur les grandes lignes du document.
« J’ai expliqué aux participants le contenu du rapport ITIE, notamment le contexte dans lequel il est élaboré, l’exercice couvert, ainsi que le cadre légal et institutionnel. Nous avons abordé le paradoxe d’un pays riche en ressources extractives, mais dont une grande partie de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. J’ai également présenté les différents chiffres, les flux de paiements pris en compte, le périmètre de déclaration, c’est-à-dire les entités concernées, ainsi que la comparaison entre les déclarations des sociétés minières et celles des régies financières de l’État. »
Selon lui, l’analyse permet d’identifier la contribution du secteur extractif aux recettes de l’État, au PIB, aux exportations, à l’emploi, ainsi que les quantités produites et exportées.
« Après l’analyse des données, nous avons déterminé les écarts. Pour l’ITIE internationale, l’écart toléré est de 1 % du montant total, et pour le comité de pilotage de l’ITIE Guinée, de 2,80 %. Ces écarts représentent la différence entre la déclaration d’une société minière et celle d’une régie financière. L’essentiel est qu’ils soient explicables. »
Il a cité, entre autres, les décalages de dates de paiement ou encore les différences de taux de change comme sources possibles d’écarts.
Abdoulaye Soumah a aussi mis en avant les nouvelles exigences de la norme ITIE 2023 : « Il faut connaître la contribution réelle du secteur extractif, la production, les exportations, mais aussi les données liées au genre, notamment le nombre de femmes dans les sociétés minières et les postes qu’elles occupent. Il est également important d’analyser les dépenses environnementales, les coûts de production et d’exploration. »
De son côté, le vice-président de la Coalition nationale de la société civile pour l’ITIE Guinée, Moussa Iboun Conté, est revenu sur les enjeux et les objectifs de cette rencontre.
« Nous avons réuni des acteurs de la société civile venant des communautés qui abritent des sociétés minières. Ils sont une trentaine de participants issus de plusieurs préfectures de l’intérieur. L’objectif est de les outiller pour faire la relecture du rapport ITIE 2023. »
Il précise que ce rapport intègre la nouvelle norme ITIE 2023 : « Le rapport prend en compte les émissions de gaz à effet de serre, les paiements effectués au niveau des collectivités, la participation des entités de l’État dans la mobilisation des recettes, ainsi que les fonds destinés aux communautés, notamment le Fonds National de Développement Local (FNDL) et le Fonds de Développement Économique Local (FODEL). Ce sont des aspects essentiels pour les populations. »

L’atelier visait ainsi à renforcer la compréhension du rapport et à favoriser l’implication des acteurs communautaires dans le processus de transparence du secteur extractif.
Ibrahima Sory Camara & Sona Sylla pour avenirguinee.org



