Le 22 décembre 2008 – 22 décembre 2025 marque le 17ᵉ anniversaire du décès du président Lansana Conté, considéré par ses partisans comme le père fondateur de la Démocratie. Généralement réputé pour son tempérament calme et son attachement à l’armée guinéenne, il a tenu les rênes du pays pendant 24 ans. Après ces longues années à la magistrature suprême, que retiennent aujourd’hui les citoyens de ce président-paysan ?
Dans un micro-trottoir réalisé par la rédaction d’avenirguinee.org, ce lundi 22 décembre, quelques citoyens sont revenus sur les souvenirs qu’ils gardent de ce dirigeant durant ses 24 ans de règne.
Madame Djenab Camara, une quinquagénaire enseignante de profession, rencontrée à son domicile dans le quartier Cité de l’Air, se souvient d’un rassembleur, bâtisseur et patriote.
« Je retiens de lui d’abord le père fondateur de la démocratie, un président qui aimait le travail. La preuve, durant son régime, il a banni le paiement de certains impôts, surtout pour les villageois. Il a ravitaillé les villages en tracteurs agricoles pour faciliter le travail des agriculteurs, en les louant. Il a amené les Guinéens à travailler la terre, et tout ce que tu gagnes du fruit de ton travail reste le tien. Pour moi, il était un vrai patriote. Que la terre lui soit légère. »
Prenant la parole à son tour, M. Mohamed Lamine, économiste, abonde dans le même sens.
« Je retiens de lui un soldat, un combattant, un paysan, un agriculteur, un bâtisseur, un démocrate. Un homme qui aimait sa Guinée. Il l’a prouvé lors des événements de janvier-février 2007, lorsque les syndicats, accompagnés du peuple de Guinée, lui avaient imposé des décisions qui, à l’époque, n’étaient nullement conditionnelles. Chaque être humain a des défauts ; je retiens le bon côté de l’histoire. Il est à la base du libéralisme économique, de l’instauration de la presse indépendante et a garanti le multipartisme », a-t-il déclaré.
Arrivé au pouvoir le 3 avril 1984 à la suite du décès du président Ahmed Sékou Touré, le général Lansana Conté s’impose à la tête de l’État après le coup d’État militaire mené par le Comité militaire de redressement national (CMRN). Il engage alors la Guinée sur la voie du libéralisme économique et de l’ouverture politique, rompant avec le système du parti unique.
Après plus de deux décennies à la tête du pays, marquées par des réformes, des crises sociales et des contestations politiques, Lansana Conté s’éteint le 22 décembre 2008 à Conakry, des suites de maladie. Sa disparition met fin à 24 années de pouvoir et ouvre une nouvelle page de l’histoire politique guinéenne, laissant derrière lui un héritage diversement apprécié, mais profondément ancré dans la mémoire collective nationale.
Sona Sylla pour Avenirguinee.org



