Ce samedi, invité par nos confrères de la radio Sabary FM, l’ancien entraîneur de l’AS Kaloum, Désiré Focou, est sorti de son silence, quatre jours après l’annonce officielle de son départ. Pour sa première sortie médiatique depuis son limogeage par le président Bouba Sampil, malgré une saison sportive jugée satisfaisante, le technicien camerounais s’est dit serein quant au travail accompli, sans toutefois révéler sa prochaine destination.
D’entrée de jeu, Désiré Focou s’exprime en ces termes : « Après le match de la 10ᵉ journée, j’ai été convoqué au domicile du président pour un entretien. Nous avons eu un échange privé et, à l’issue de cette discussion, ce qui en est ressorti, c’est qu’il fallait me protéger. Protéger de qui ? Je ne sais pas. Pourquoi ? Je n’en ai aucune idée. Seul le président sait qui en veut à ma tête ou à ma vie. Ce n’était pas dans un cadre sportif. Je pense qu’il y a eu de petites tractations après le match contre la SAG de Siguiri, où il y a eu un incident lié à un penalty raté. Les deux tireurs désignés n’étaient plus sur l’aire de jeu. Moi, connaissant le gardien que j’ai eu en 2014 c’est un international avec de l’expérience. Il a souvent marqué, au moins une dizaine de buts à son actif. C’est Ibrahima Sory Sankhon qui est encore en activité. Il a dit : “Aschou tire”. C’est lui qui a initié l’action en poussant le gardien à aller tirer. »
Poursuivant, l’ancien coach de l’AS Kaloum affirme : « À la fin du match, quelques supporters ont jeté des bouteilles. Apparemment, tout est parti de là. Mais le football, ce n’est pas la guerre, c’est un jeu, un sport. Il y a eu deux matchs après : contre Milo FC, la SAG et l’ASM de Sangarédi, à l’extérieur, où l’équipe s’est bien comportée. On a même eu un but refusé. Des jeunes n’ont pas été réalistes devant le but, mais l’équipe avait un jeu structuré et une dynamique qu’il fallait maintenir. Si c’est à cause de cela, je dirais que c’est insensé, et maladroit de la part de la direction », a martelé Désiré.
Sur la même lancée, Désiré Focou précise : « J’ai de bonnes relations personnelles avec le président, en dehors du cadre professionnel. Nous avons tissé des liens forts. Il m’a dit que son rôle, puisque je fais partie de sa famille, était de me protéger. Mais il fallait rester dans la continuité. Il y a eu des propositions sur le plan sportif que j’ai refusées. Me “protéger”, c’était quitter mon poste pour rejoindre une autre fonction. Nous nous étions accordés là-dessus, mais la proposition faite, je l’ai déclinée », révèle-t-il.
S’agissant d’Abedi, le nouveau coach de l’AS Kaloum, Désiré Focou déclare :
« J’ai appris qu’il y a de nouveaux membres dans le staff, des proches et amis à lui, qui seraient à l’origine de ce coup monté. Moi, je ne critique pas les gens. Abedi est un ami, un frère. Je suis là pour servir le football, je n’appartiens à aucune entité. Mon plaisir, c’est de servir une équipe. S’il y a un travail qui a été fait et qu’il peut venir le continuer, il n’y a aucun souci. Ceux qui me connaissent savent que j’ai toujours gardé le moral haut et que je relativise dans la vie. Tout ce qui est pour toi te reviendra. Dieu nous voit tous et nous aime tous. Je suis un peu soulagé. J’ai donné beaucoup d’énergie, parfois même au détriment de ma famille. Ma femme se plaignait souvent de cet investissement. Nous avons essayé de mettre une dynamique en place avec le président. Je sais comment nous avons travaillé d’arrache-pied. Mais c’est la vie. Il ne faut jamais se lasser. C’est ce que j’essaie de faire : regarder droit devant moi, sans me plaindre de qui que ce soit », a expliqué Désiré Focou.
Selon lui : « Il y avait une bonne dynamique. Ensuite, il y a eu des propositions de renforcement du staff qui, pour moi, n’avaient pas leur place. Ceux qui étaient là faisaient déjà des résultats et connaissaient mes méthodes de travail et ma mentalité. Nous avons enregistré quelques victoires, puis trois matchs nuls. Ne pas perdre, c’est aussi bien en football. Quand on fait dix matchs sans défaite, cela signifie qu’il y a eu un travail sérieux en amont. La dynamique était bien installée. Je ne regrette rien. Je ne regrette jamais dans la vie. Ce qui a été fait, a été fait. »
Sur le niveau de la Ligue 1 guinéenne, l’ancien coach de l’ASM de Sangarédi analyse : « Le championnat est très relevé ces deux dernières années. Il y a de jeunes talents qui montrent leur envie de progresser. Certains présidents de clubs investissent pour faire avancer le championnat. D’autres clubs, en revanche, régressent, financièrement ou sportivement. Mais globalement, il y a de bons techniciens qui font progresser les jeunes. Avec un peu plus de moyens, on pourrait rivaliser avec d’autres championnats. »
Quant à un éventuel retour à l’AS Kaloum, Désiré Focou écarte l’idée : « Je ne pense pas. Je me projette vers autre chose. Dans la vie, il faut savoir grandir ou partir. J’ai des liens personnels solides avec le président, mais je fonctionne toujours avec des contrats. Actuellement, il n’y a aucun problème. Je n’ai pas besoin de dire ici ce qu’il ne faut pas dire. Le président doit s’entourer de personnes sages, avec une vision. Il est intelligent et connaît le football, mais il faut bien s’entourer. On dit souvent que la force d’un homme, c’est son entourage. Le club doit revoir cet aspect », a-t-il conclu.
Alsény Savané pour avenirguinee.org
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