La sous-préfecture de Bangouya, située à environ 45 kilomètres de la préfecture de Kindia, traverse aujourd’hui de nombreuses difficultés liées au manque d’infrastructures administratives. Cette localité, qui regroupe plus de 22 districts, 110 secteurs et 309 villages, ne dispose toujours pas de résidence officielle pour son sous-préfet, plus de quatre ans après sa nomination.
Faute de logement administratif, le sous-préfet est contraint d’occuper la résidence du maire, devenue par défaut sa résidence, et d’effectuer régulièrement des navettes entre Kindia et Bangouya. Une situation qui illustre les conditions de travail précaires dans lesquelles évoluent les autorités administratives locales.
En séjour dans la localité, un journaliste de notre rédaction a été interpellé par les autorités locales, qui lancent un appel pressant à l’aide pour la construction d’une résidence destinée au sous-préfet. Très préoccupé par cette situation, le président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Bangouya, Mamadou Kindia Sylla, s’est exprimé sans détour.
« Moi, je viens d’être affecté ici en tant que président de la délégation spéciale, mais j’ai trouvé que la résidence du sous-préfet n’existe pas. Ils n’ont que le bureau, la résidence est attribuée au bureau. Aujourd’hui, il n’y a pas de résidence. Là où moi, le maire, je devais être logé, c’est là-bas que j’ai trouvé le sous-préfet installé. Donc moi, je suis dans la nature, pas de résidence, rien », a-t-il expliqué.
Poursuivant, Mamadou Kindia Sylla a rappelé les efforts consentis par la commune malgré des moyens très limités.
« Au moment où je venais, toute la peinture que vous voyez ici, c’est grâce à la CRD. J’ai trouvé les lieux dans un état déplorable. C’est par les moyens de la commune qu’on a pu faire la peinture. Mais comme les moyens sont limités, on ne pouvait pas aller plus loin. Si vous entrez à l’intérieur, vous verrez que c’est pire. Cette sous-préfecture vit vraiment difficilement », a-t-il déploré.
Selon lui, aucune ligne budgétaire n’est prévue dans le budget communal pour la construction d’une résidence ou même d’un bureau digne de ce nom pour le sous-préfet.
« Il n’y a pas de ligne budgétaire dans la commune pour construire une résidence pour le sous-préfet ni le bureau. C’est pour cela que le sous-préfet est obligé de faire la navette entre Bangouya et Kindia », a-t-il précisé.
Le président de la délégation spéciale souligne par ailleurs l’importance stratégique de Bangouya, qu’il qualifie de plus grande sous-préfecture de Kindia et même de la République de Guinée, en dehors de Kamsar. Face à cette réalité, il lance un appel aux autorités centrales, aux partenaires et aux bonnes volontés, en particulier aux ressortissants de la localité.
« Je tends la main aux autorités et aux bonnes volontés, surtout aux ressortissants, pour améliorer au moins un peu les conditions de vie du sous-préfet et de la sous-préfecture », a-t-il plaidé.
Une situation préoccupante qui relance le débat sur les conditions de travail des administrateurs territoriaux et la nécessité d’un meilleur accompagnement des collectivités locales.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



